ce que vos yeux vairons

Catégorie: Einsamkeit

Ein Nussbaum für Rosa

Incipit
Prends place sous l’arbre à noix, qui pousse ici, et sous son ombre acide, ce qui pousse aussi, rien d’autre, que l’écho qui suit

Cette personne, crainte, à la manière des enfants
Je fus aussi cette enfant sous l’âge de raison
Je dis personne.
Ni homme, ni femme, mais noire, une espèce, issue du brouillard, un voile de fumée
Son vêtement, ses rides peignées ainsi que le gravier d’un jardin, ses jambes, arcure d’un cep de vigne
Son visage, bronze d’un buckling
Elle parle à son épaule vide, à de l’invisible, derrière elle, ara absent d’un pirate
Autour d’elle, un cylindre de verre, que nul ne franchit, cercle de sorcière, le cercueil qu’elle trimballe
Ni esprit simple, ni simple d’esprit
Folle
De quoi ?
Les gens lui parlent du bout de la fourche, on joue à se faire peur, interrompre son monologue, de derrière sa barrière
Son histoire, à laquelle seules les personnes grandes entendent quelque chose
S’Resslé
Prénom d’une petite Rose
Son nom, celui du noyer
Au cimetière, sa tombe tombe en deshérence,
Mais tu es arrivé jusqu’ici
Le scion du début porte des fruits, il est arbre
Entre ses racines, l’urne
Elle, nue, et ses hardes
Ta mémoire rougit, et baisse le front
Tu as grandi,
Tu lui dois un tumulus de princesse

Au fond du wagon

Un homme-Scarron-seul
Autour de lui, limes, que
Fend le contrôleur

Regrets

Sur votre langue si pure, en mucus épais,
Le ciment du silence, où, comme dans la bouche
D’un enfançon, ne croît plus qu’un amer muguet

06/06

Je veux croire que les rochers sont restés roses,
Depuis la grande mattanza, de cette couleur
« Grès écrasé », pulpe pourpre des muscles dont
A coulé le suc, confiture, qui barbouille les hommes,
Qui flottent. Rose, couleur de pouponnière,
Les hommes appellent les mères, avant de faire le mort

Au pas du haut-parleur

Dans le magasin,
Un air de musique, tout le
Monde marche au pas

Agnès de février

En ces temps-là, les oiseaux ne s’approchaient pas des fenêtres, puis
Il y eut deux crépitements, parole de fenêtre
Le taptap aigu d’un bec, comme un pianotement d’ongle, sur un tableau, le fond d’une assiette
Le grésil, l’hiver, son sable blanc, son chant des dunes, le vent sûrement, juste avant que la grêle ne fonde
La buée d’un thé amer, noir, goudron d’un marc de feuilles déroulées,
Et le ruban de la cassette, la symphonie concertante, qui gratte, le haut-parleur mauvais, d’où se sauve, comme une guêpe d’un entonnoir rempli de sirop et de bière, la musique, vieux pull, dont on aurait usé tous les reliefs

« Parallaxe », puis le cahier a brûlé

Cendre de poésie

Jpeg

Jpeg

« Parallaxe », die Nacht, Hans, Peter und Rosa

Jpeg

Jpeg

Jpeg

Jpeg

Le retable d’Issenheim

La maison Bartholdi est fermée.
Retourner en arrière, au pied de la croix.
Le froid du Golgotha, en hiver.
Au tournant de la maison Pfister, un chocolat chaud.
Rêver, les délices du Prado, un jardin, un patio.
Deux braseros, le froid de l’enfer, dehors, des marrons chauds, une même langue qui brûle, le feu, l’effroi.

La page blanche, les barreaux

Un peu perdu, un
Vieux a oublié la route
Vers ses souvenirs.