ce que vos yeux vairons

Catégorie: été

Outré

Ici, les excès de l’eau
Midas
Sur les plants de tomate
Au cul noir,
L’ombre d’un pot pourri
Leurs peaux,
Qui crevassent.
Là-bas,
La terre se craquèle
Sèche,
Raku triste
Au feu.
Comment jouer encore
Les entremetteurs,
Entre les éléments ?
Les brasiers lèchent
Les larmes,
Les torrents furieux
Traversent les naseaux
Des animaux,
Les emportent,
Tirent sur les anneaux.
Et les écumes,
Grises, blondes,
Noires,
Écheveaux d’algues,
Les cheveux,
Brassés
Par les rouleaux.
Chi-fou-mi !
Que l’eau éteigne les feux !
Rosée sur les visages
De grès flammé,
Prière,
Avec intention.

Planète guère

Bruit de friteuse, l’huile
Bouillonne. La pluie sur les bâches
De plastique, dessous,
Uniformément
Vertes,
Les tomates.
Demain,
Qui sait,
Calcinées

Eau de senteur

La pluie, assise à
Côté du pot d’héliotrope,
Rebord de fenêtre.
Posé entre eux,
Le berceau de leur divine
Enfant,
Violette, l’odeur

Néon

La nuit au néant
Les blancs étendent leur lierre,
Les noirs sont cernés

Mise en lumière, nuit

Il n’y eut pas
Au soir,
De ces ciels étoilés,
Que l’on ne trouve
Que dans les hauteurs, à l’air rare et limpide,
Nuit de Dalmatie,
Au champ de marguerites
En suspension au-dessus des têtes,
En Pentecôte,
Carreaux d’arbalète des Perséides,
Qui troublent un instant,
L’ordonnancement des fleurs.
Mais dans la douceur,
Une constellation inédite tombée
Sur terre,
L’assemblée des yeux brillants,
L’escarboucle
Des coeurs affleurant
Sous la peau
En transparence,
Le pulsar d’un point rose,
Bouton de nénuphar,
Palpitant,
Et le partage du vin,
Son or sur les lèvres,
Cerise sur les joues,
Vermeil

Les noms

Dans le journal,
Où ils se télescopent sans heurt,
Herr Hoppe succède
À Königswinter
Rien d’autre ne coule
Des pages,
Que leur histoire brève,
Muddy Waters ?
Mais le nom est déjà pris,
Le glissando d’un deux-tons,
Feuerwehr,
Et déjà plus rien,
L’émotion pétille un instant,
Puis l’eau, still water,
Sera redevenue plate,
Il faudra
À un autre cyclone
Trouver un prénom

Excepté cela

Ce fut un enfant
Du Vésuve venu par
Les eaux. Là-bas,
Le magma est froid

Canon dans la clairière

Motif au gemshorn
Le vent se lève entre les
Ramures des cerfs, rhombes

Sarrau bleu

D’abord.
Le porter, non repassé
Le sérac des vagues,
Rectilignes, dans le tissu,
La mer, accrochée à toi,
Sans gravité.
Tu regardes tes pieds,
Secs,
L’eau n’est pas tombée,
Gravée dans le marbre
Du coton froissé

Avènement

Deux mois durant.
Parmi ses congénères feuilles,
À la découpe effilée
De plante tropicale,
Elle sembla n’être
Qu’une longue lame verte.
Mimétique, un bambou.
Mais courbe,
Mais lisse.
La souplesse d’un fleuret,
Couleur uniforme d’un brin d’herbe,
Non annelée de noeuds noirs
Et un matin,
Déployée, sa large main,
Son effort dans le silence,
À son chevet, les matrones sont nocturnes.
Un satellite dans le cosmos
Du salon,
Son grand panneau,
Solaire,
Trouve sa place
Dans le bouquet de ses soeurs
Événement