ce que vos yeux vairons

Catégorie: été

Mise en lumière, nuit

Il n’y eut pas
Au soir,
De ces ciels étoilés,
Que l’on ne trouve
Que dans les hauteurs, à l’air rare et limpide,
Nuit de Dalmatie,
Au champ de marguerites
En suspension au-dessus des têtes,
En Pentecôte,
Carreaux d’arbalète des Perséides,
Qui troublent un instant,
L’ordonnancement des fleurs.
Mais dans la douceur,
Une constellation inédite tombée
Sur terre,
L’assemblée des yeux brillants,
L’escarboucle
Des coeurs affleurant
Sous la peau
En transparence,
Le pulsar d’un point rose,
Bouton de nénuphar,
Palpitant,
Et le partage du vin,
Son or sur les lèvres,
Cerise sur les joues,
Vermeil

Les noms

Dans le journal,
Où ils se télescopent sans heurt,
Herr Hoppe succède
À Königswinter
Rien d’autre ne coule
Des pages,
Que leur histoire brève,
Muddy Waters ?
Mais le nom est déjà pris,
Le glissando d’un deux-tons,
Feuerwehr,
Et déjà plus rien,
L’émotion pétille un instant,
Puis l’eau, still water,
Sera redevenue plate,
Il faudra
À un autre cyclone
Trouver un prénom

Excepté cela

Ce fut un enfant
Du Vésuve venu par
Les eaux. Là-bas,
Le magma est froid

Canon dans la clairière

Motif au gemshorn
Le vent se lève entre les
Ramures des cerfs, rhombes

Sarrau bleu

D’abord.
Le porter, non repassé
Le sérac des vagues,
Rectilignes, dans le tissu,
La mer, accrochée à toi,
Sans gravité.
Tu regardes tes pieds,
Secs,
L’eau n’est pas tombée,
Gravée dans le marbre
Du coton froissé

Avènement

Deux mois durant.
Parmi ses congénères feuilles,
À la découpe effilée
De plante tropicale,
Elle sembla n’être
Qu’une longue lame verte.
Mimétique, un bambou.
Mais courbe,
Mais lisse.
La souplesse d’un fleuret,
Couleur uniforme d’un brin d’herbe,
Non annelée de noeuds noirs
Et un matin,
Déployée, sa large main,
Son effort dans le silence,
À son chevet, les matrones sont nocturnes.
Un satellite dans le cosmos
Du salon,
Son grand panneau,
Solaire,
Trouve sa place
Dans le bouquet de ses soeurs
Événement

Obole

L’eau de la fontaine,
Rassemblée dans l’oeuf de ses
Deux paumes, abreuver
Le chevreau en sa
Demeure, cœur du promeneur

Petrichor

Murs de la maison
Au natron, aussi secs qu’os
De seiche. Baume, la pluie

Dans les armoires

Les vêtements tombent
Des cintres, comme les feuilles des
Arbres, la torpeur

Un papillon terne
Se délecte de la laine
Qui faisande. Mythe

Glace à la broche

Ça tourne. Attraper,
Tranche napolitaine, un bout
D’anneau de Saturne
.

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