ce que vos yeux vairons

Catégorie: été

En attendant les trains

Chaos de grès, écrasant quartier impérial
La voûte pavée de verre, soleil à la loupe
Souviens~toi des bains omeyyades
Vers la Voûte Étoilée, Koechlin
Sous la serre surchauffée de l’Est, un point d’eau
Tête d’épingle et son filet que tête
Le troupeau sans nombre ni berger
Vert mousse fontaine Wallace gloussant où ?
Frais patio andalou
Devant le kiosque à journaux
Le mutique mendiant tend le bras sans trêve son sémaphore
Vers un rayon invisible mon angle mort
Oui da, un homme bon trois fois rien paie Commercy
À la main
Lui donne, ô ville des mille et une nuits noires châsse de papier cristal
Le paquet de madeleines rouge et or

La côte

À Marie-Thérèse, libre Lys des Lavezzi

1941-2026

À la rue Malher

Cerf ! Cerf !
Par la forêt de la vallée
Haute comme trois pommes
Vertes
La voix soeur du Dieu Bigorne
Emma,
Pour toi
Quel kaddich oint
De sueur
De placette
Sei gesund
Et l’absoute absente
Un Notre-Père,
Thrène de ta main ?
Cachet de cire, enveloppe
De la phrase
À dire
Elle fraye son chemin
Parmi les épaisseurs,
Les voiles du crépuscule
Sur le jour brûlé de juin
Crêpe sur le coeur étouffé
Nous en quartier
De cercle
Monsieur May,
Au dernier jour

28 juin, Saint Pierre et Saint Paul

Pour Marie-Thérèse K.

Outré

Ici, les excès de l’eau
Midas
Sur les plants de tomate
Au cul noir,
L’ombre d’un pot pourri
Leurs peaux,
Qui crevassent.
Là-bas,
La terre se craquèle
Sèche,
Raku triste
Au feu.
Comment jouer encore
Les entremetteurs,
Entre les éléments ?
Les brasiers lèchent
Les larmes,
Les torrents furieux
Traversent les naseaux
Des animaux,
Les emportent,
Tirent sur les anneaux.
Et les écumes,
Grises, blondes,
Noires,
Écheveaux d’algues,
Les cheveux,
Brassés
Par les rouleaux.
Chi-fou-mi !
Que l’eau éteigne les feux !
Rosée sur les visages
De grès flammé,
Prière,
Avec intention.

Planète guère

Bruit de friteuse, l’huile
Bouillonne. La pluie sur les bâches
De plastique, dessous,
Uniformément
Vertes,
Les tomates.
Demain,
Qui sait,
Calcinées

Eau de senteur

La pluie, assise à
Côté du pot d’héliotrope,
Rebord de fenêtre.
Posé entre eux,
Le berceau de leur divine
Enfant,
Violette, l’odeur

Néon

La nuit au néant
Les blancs étendent leur lierre,
Les noirs sont cernés

Mise en lumière, nuit

Il n’y eut pas
Au soir,
De ces ciels étoilés,
Que l’on ne trouve
Que dans les hauteurs, à l’air rare et limpide,
Nuit de Dalmatie,
Au champ de marguerites
En suspension au-dessus des têtes,
En Pentecôte,
Carreaux d’arbalète des Perséides,
Qui troublent un instant,
L’ordonnancement des fleurs.
Mais dans la douceur,
Une constellation inédite tombée
Sur terre,
L’assemblée des yeux brillants,
L’escarboucle
Des coeurs affleurant
Sous la peau
En transparence,
Le pulsar d’un point rose,
Bouton de nénuphar,
Palpitant,
Et le partage du vin,
Son or sur les lèvres,
Cerise sur les joues,
Vermeil

Les noms

Dans le journal,
Où ils se télescopent sans heurt,
Herr Hoppe succède
À Königswinter
Rien d’autre ne coule
Des pages,
Que leur histoire brève,
Muddy Waters ?
Mais le nom est déjà pris,
Le glissando d’un deux-tons,
Feuerwehr,
Et déjà plus rien,
L’émotion pétille un instant,
Puis l’eau, still water,
Sera redevenue plate,
Il faudra
À un autre cyclone
Trouver un prénom

Excepté cela

Ce fut un enfant
Du Vésuve venu par
Les eaux. Là-bas,
Le magma est froid