15/02/2023
On s’en fait un monde
Le territoire du poème,
Deux filets, et entre
On s’en fait un monde
Le territoire du poème,
Deux filets, et entre
On entendrait
Une mouche voler. Mais quinze
Février j’entends
Une mouche voler.
Son vol est de ces velours
Dans une devanture,
De ces rais de lumière
Qui projettent un bijou,
Ainsi que d’une tape dans le dos,
On pousse la grâce
D’un débutant
Sur le devant de la scène,
La mouche, vibrionnant
Autour de sa gemme,
Le silence
Penché
Sur sa cuvette
D’argent
Où moussent
Les roses,
Roue
Du printemps,
Qui remonte
Dans ses aubes,
Une toilette de chat,
Le soleil bariolé
De frais,
Qui sèche au soleil,
Une boîte scellée
Qui ne prend pas l’eau
À donner.
Dedans,
Sous le ruban,
En feuillets reliés,
Ceux du jour,
Aux premiers
Qui ont poussé,
De mon coeur,
L’égrainé
Des battements,
Pour C.
De jour en jour.
Février toréro
De la pointe des pieds
D’abord,
Un sequin d’or
Cousu
Jusqu’à la chevelure,
L’habit prend le soleil,
La clameur des oiseaux,
Une goutte d’eau de moineau
Derrière l’éventail
Nu des branches,
Et tout le barrage cède,
Les nids élevés sous
Le pignon de la maison,
Les chants de travail pendant
Qu’ils charpentent,
Auvent d’une tuile
La peau est pâle,
Passée à l’abri
Austère
Du temps
Á la mine sombre,
Hiver,
Nous y sommes,
Ligne de partage des eaux,
Hier
Et la lumière,
Février sort
De l’ombre
Dans l’arène
Au jeu du chat et du soleil,
Le nuage,
Gris souris,
Oscille
Sur le journal ouvert sur
Le monde
Ses ocelles d’ombre son
Stroboscope lent,
Le vent débile
Le chasse mollement,
Le texte lacunaire et saccadé
Assemble ses cadavres exquis,
Tu souris à ces nouvelles
Cousues entre elles
Sans ordre,
Sans autre patron
Suivi
Que celui
De l’air du temps
Et de sa brise