Champs d’orangers nôtres
Que le jour moissonne,
La nuit se retire
Alignement des lampadaires
Auxquels l’on coupe la chique,
Un dix à cinq
De cape d’invisibilité
Jetée sur tes épaules,
Rue.
Art de l’occultation
Du black-out appliqué
Un carat d’électricité
Au prix de l’or,
Les pigeons sur les câbles
Immobiles
Ont froid aux pieds.
Mais le ciel.
Une ombrelle de soie de rose noire
Mangée aux mites,
Toutes ces piqûres
Par lesquelles
Se coule la lumière
Lointaine
Des étoiles.
Réapparu en gloire nocturne.
Temps de la lampe à huile
Du brandon de mousse incandescent
De la Guerre du Feu
La guerre
Terre brûlée, le jour
La nuit est véritablement ténèbres
Monter par la route du vertige du gouffre des sapins noirs du 11 novembre vers le Vieil Armand, les pénitents
Au soir
D’avant Noël
Il aura un mois,
L’enfant né
À la Sainte Flora.
Il vient
Revient de loin
Des plaines immaculées
De neige.
D’un nocturne,
D’une nuit de février.
Quand cessa l’étreinte
Le réveil n’a pas encore sonné.
Ce qu’il y a dans l’agenda
De celuicelle qui ne se savent
Pas encore parents.
Des rendez-vous
9h00, médecin
Porter les bottes chez le cordonnier
Rien n’a été honoré,
Les plaines de l’Est se réveillent
Et le long hiver,
Coupé de printemps
Et d’autres saisons encore,
Va durer.
Une maie de bois flotte
Charriée par les événements,
Au-dedans tiède
Une noix de pâte
Et son ferment.
Une mère aux abois flotte
Les soubresauts de l’histoire,
Ceux de l’enfant
Qui arrondissent
Son ventre
De la pointe de ses pieds.
L’automne à goût d’hiver est là
Dans l’agenda aux pages restées blanches
Depuis le 24 février,
Celuicelle
Ont tracé
À deux mains
La silhouette
Et le petit bonnet
Tricoté
Le sommeil
Au berceau,
Primitif flamand,
D’un ange
Le long du trottoir
Où coule le ruisseau
Le peuple jaune,
Balsa d’un mégot
La coque rouillée
D’une feuille de platane
Le vent de biais
Remue les embarcations
Sans amarre
Une petite motte de terre
Un caillou
Donnent du remous
De la difficulté
À la navigation,
Le radeau
La caravelle
Sans capitaine
Fondent
Vers la grille de fonte
Ajourée,
Trémie
De l’égout,
L’une passe
Au large,
L’autre
Est avalée