ce que vos yeux vairons

Catégorie: Non classé

Derrière l’horizon

De pierre en pierre
Autour de l’étang,
La grenouille bondit
L’herbe est toujours plus verte ailleurs
Le caillou accueillant,
Son bocal
Aux berges de terre,
N’a rien à envier
À celui du poisson,
Avec grotte,
Coffre au trésor
Qui bée,
Bulles,
Doublons d’or
Sur l’étagère

Recette

La poudre à lever,
Ces chansons d’Aznavour
Qui tournent
À la ronde
La main de Jeeves
Qui l’a choisi,
Discobole,
L’album
À feuilleter,
Quelques rangs
Du champ de blé,
Le fruit à la coque, brun,
Doublure de blanc,
Posé sur un pic,
Et que quelqu’un
Polynésie,
Râpe,
Il neige,
Noix de coco,
Oreille
Au tiaré,
Jeeves sur une cavale
Va cueillir
Le cimier vert
Bouzkachi
D’une grenade
D’ananas,
Je vais la trancher
Les dés sont jetés
Graines du vanillier,
Lunettes à souder,
Je me poste devant la vitre
Je prends le quart devant le four,
Je couve du regard,
Le gâteau,
Moule rouge et noir,
Pâte
Qui montre patte blanche,
Et point,
Soleil sur l’horizon,
Je vais au salon
Monde,
Et Jeeves

Sur l’étagère

Une vague
Qui viendra cent fois se casser sur le bord
Et retournera loin en mer
Former son rouleau,
Ritournelle,
Tant qu’il y a un océan,
Qualité du sable
Qui reçoit sa dissolution
Éphémère.
Ce fruit qui continue à mûrir après la cueillette
Dans un coin de la cuisine
Et dont le point minuscule
Emplit l’air de la maison,
Omniprésence diffuse,
À la manière de ces brûle-parfum,
Qui ne commencent à répandre
Leurs essences
Qu’à partir du moment
Où l’on souffle sur la mèche,
Une bougie, tête à l’envers,
Dont la lumière point
Brillamment
Seulement
Lorsque sa flamme
S’éteint.
Ainsi, de certains poèmes,
Qui ne vous tombent pas des mains,
Inscrits,
L’encre tatoue son dire littéralement
Persistance rétinienne de la mémoire,
Auxquels l’on revient,
Régularité
Du mouvement,
Une vague,

Les hauts de la cour d’or

Le lierre
Qui des lustres
A poussé
Autour du lampadaire
A pris flamme,
Couronne la sommité
De verre
D’une étincelle,
Ouvre l’ombelle
Des rayons,
La double
D’un reflet noir
D’ombre,
Impasse,
Et pers

Martinsgänse

D’un ton docte
Cartomancie avisée
Elle me jette
”Vous êtes dure”
Elle ne m’a pas tutoyée,
Le pire.
Son visage roux,
Carnation de la bonne mine,
La patène de sa paume,
Blanche,
Le dos de sa main, brou.
La semaine suivante, veille de la fête des mères.
J’avais une rose unique
Rouge et verte,
Sous cellophane,
Avec bolduc,
Autour de la tige.
Elle me la prit,
Sans plus.
Quatorze jours plus tôt,
Vers les hauts de la cour d’or,
En sortant du cours.
Le mélisme sur la langue,
La faim au ventre,
À grands coups de dent dans le pain
Du Brötchen,
Que je n’ai pas partagé.
La mendiante me l’avait
Pourtant demandé.
Tunique de Déjanire
Sur ma joue,
Le reflet
D’un pétale
De la rose,
Mémoire de forme
De la peau.

Hivernage

Le temps se couvre.
Ajouter à la liste de courses,
Des boules semblables à ces Meisenthal à oiseaux
Piquées de graines
Les suspendre tout au fond du fouillis des branches
De l’arbre à coings,
Pour les minuscules mésanges.
Prévoir pour les goliards et rusés corbeaux
Qui en un rien de temps
Ont appris à déchiqueter les minces filets verts
Et emportent la nourriture des petits oiseaux
Des collerettes de tôles,
Ou de carton,
Moins perçantes
Que ces fraises élisabethaines,
Pour la leçon,
Un peu à la façon
Du Lièvre de Vatanen

Temps radieux, point météo

Il pleut
La voiture étant ce qu’elle est
Et étant donné le prix au litre de l’or noir versé à ses chevaux-vapeur,
Et le nombre de villages soudés bord à bord,
À fendre d’un pas de sénateur,
Calculer,
L’index au vent,
En ayant pris soin de consulter la carte des précipitations annoncées,
L’heure de départ idéale
Pour arriver à se saisir
À l’hyper
D’un caddy
À la poignée
Sèche,
Archi-sèche,
Jour honni
Des courses

Sous cape

Jeeves
À la recherche de sa poche intérieure,
Fait les poches des parois,
Dextre et sénestre
De sa veste,
Envolée,
Le besoin d’y glisser
Son viatique du matin
A cousu
L’ustensile désiré
À gros points,
Le souvenir créé
À l’instant,
La main tâtonne,
Montre le rectangle plus clair,
Comme ceux des fondations de ces latifundia
Disparus dans les champs de blé
Dont on aperçoit le rectiligne
Au moment des andains,
Si l’on prend place
Dans l’osier de la corbeille
D’un ballon,
Par temps calme,
Et clair.
Un ange passe…
Dans la rue,
Au bout de la longe
Qu’étire la course dynamique
D’un granite gris,
La dame au husky
Vole derrière
Son chien,
Les feuilles en assiettes
À dessert
Des platanes
Sur la place
De la poste.
Le vent.
Le jardin est plein
Des ailes de Jeeves
Qui sèchent,
Sur le fil,
Lessive d’ange
De mauvaise foi
En quête d’une poche
Qui n’existe pas.

Le jardin

Origamie

Tutu au plissé
Soleil,
Je débarrasse
La table
Je contemple, de chacun,
La façon d’avoir lissé,
Ou non,
L’étui de papier ciré
De son muffin aux pommes.
Je parle,
Vestiaire des petits coryphées
Abandonné
À l’heure tardive,
Les miettes,
Les jonchées
De la conversation
Dans le miel
De la lumière d’automne