ce que vos yeux vairons

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Mirage de la langue
Venise évanescente, Kitège en fata morgana lacustre, ondoie, blanche
Être du matin
Sous la coupe d’un soleil d’étain
Sans un bruit s’asseoir sur le rebord d’un cil recourbé
Mais, de l’attention,
Vertige,
È pericoloso sporgersi.
S’aligner,
Le devenir d’un tout petit point
De la mire
Sur l’espace fuligineux,
Turner peint.
Plonger le long
De son regard
Sous les apparences,
Palazzo en lévitation,
Le fond de la lagune.
Le soutènement,
Les pieux,
Les madriers noirs,
La forêt pétrifiée,
Le front de taille,
Les haveuses,
Les jambes qui battent l’eau
De la natation synchronisée,
Six nageuses dans l’ombre,
Pour le jaillissement
D’une sirène luisante
Dauphin qui retombe
Avec les applaudissements.
Les fondations rondes,
Jarrets de taureau,
Et cous d’Atlante
Le long desquels
Court un petite
Gazelle
À peine née,
Qui ira couronner
Le cimier
D’une tour
Catalane
D’une étoile de verre soufflée rouge,
J’ai raflé
Des mains de Jane Katherine Hepburn Hudson
Son gobelet
Ensuite.
Le plus délicat,
Faire tenir tout cela
Sur la pointe des pieds,
À côté
Du Sacré-Coeur,
De la Statue de la Liberté,
De la gondole,
Des chats qui ont
Un peu froid sur la piazzetta,
C’est toujours l’hiver
Dans ces boules de neige,
Dont la neige ne fond pas,
Mirage
Secouer doucement,
Éveil de Jeeves

Le jour, les jours, la nuit, un drap ajouré

Jusqu’à l’ossature,
Celle du vent
La feuille d’arbre émiettée,
Chapelure,
Et squelette
Jusqu’au sertissage,
Les plombs du vitrail
Où passe le soleil
Le verre est tombé,
Le filigrane
L’épair du papier si poncé,
L’épeire sans repère,
Labyrinthique,
Marche sur de la transparence
Réordonne les cernes
Plus sombres
De son filet,
Au matin,
Des cordées
De perles
De la rosée
Donnent corps
À la toile,
Poupée
De chiffon
Vide
Incarnée
Par l’étoupe,
Une joue de coton
Rosit

Le soir, fruit vert

Penser en nuage

Le petit, l’art domestique.
Nourrir le chat 1
Le chat 2
Le chat sans nom qui planque dans le jardin, il aimerait bien,
Ce que lui laissent 2, et 1.
Il est tigré timidement.
Les gestes automatiques,
Ne pas ramasser les feuilles d’or à terre, les vers s’y enfouissent, le bec d’un oiseau, l’hiver,
Retrouver la recette d’entre toutes celles qui ira bien quand Isabelle qui sabre les rubans remontera de son Midi, quelque chose à la cannelle, elle qui ne vit maintenant plus que d’anis,
Lisser l’arc des sourcils de Jeeves, d’un doigt humide,
Ne pas penser aux 19 degrés réglementaires
Octobre doré, je jouis de son safran coupable,
Le grand écart entre
Ce qui va mal
Et ce qui ne va pas trop mal,
L’adverbe pèse de tout son poids sur ta nuque,
Suffoque, la tête sous l’eau.
Et au-delà,
Plus haut,
L’air qui te manque
Sors les épaules
Est doux,
Laisse tout ruisseller
Le monde lourd à porter,
Mais ton monde petit,
Tu as un devoir envers lui.
Rends-le plus,
Mouvement de râteau sur le gravier ordonné,
Beau

Mais encore

Oiseau de feu
De conte de fées
Fend l’étoffe noire
De la nuit, là-bas, la guerre
Et ici-bas, plus de lumière.
On compte les grains de blé et les gouttes d’eau
Là-bas, la balle des grains de blé,
On arrache aux poules leurs dents,
Cabinet de curiosités de l’occident,
Tout se vend
Mais surtout pour qu’elles tiennent
Leur rang, le dernier des biffins,
Après les vieux,
Qui n’ont plus un liard rouge
Mais une bouche aux dents blanches lacunaires
Aux pions noirs alternés.
Je traverse la rue étoilée,
Cependant que les lampadaires retiennent
Leur haleine orangée, désormais
Je vais chercher le journal
Le porteur, je le devine à tâtons,
Monde froissé,
Obscur.
Poser un lumignon sur le rebord de la fenêtre, une corne de brume,
Bâillonner les sirènes funestes,
Ôter les pierres,
Aplanir le chemin,
Jusqu’à la boîte aux lettres

Jpeg

Canon X — la regina gioiosa

Vu et entendu chez Claudio Capriolo, la regina gioiosa, wordpress

Conlon Nancarrow (27 ottobre 1912 - 1997): Study for Player Piano No. 21 (Canon X; 1961). Pianoforte automatico Ampico Bösendorfer di Jürgen Hocker, dedicatario della composizione.

Canon X — la regina gioiosa

Le pot-aux-roses

Jpeg

Le petit ours blanc qui voulait être…

On ne sait pas qui.
Pour le moment, il dort
Au chaud de la banquise.
Un bout dérivant
Se détache
De son rêve,
Le chocolat glacé
Ainsi fond, fond, fond.
Il aborde la prairie
Fleurie
De l’été,
Sa livrée boule-de-neige
Brunit,
Deux, trois boutons
De fourrure beige
De-ci, de-là,
Noisettes du chocolat,
Puis, la pluie
En essuie-glace
Sur l’ourson.
Son vison,
K-O,
Eau au cacao
À ses pieds
Ruisselant,
Maman !
Maman est partie chasser.
Les pleurs,
Je suis tout seul.
Plus blanc
Que jamais,
Et le sommeil,
La berceuse
D’un grillon,
Le soleil
De juillet
Austral
Sur les prés,
Champs de boutons d’or,
Et l’ombre entre ses rayons
Jaune, jaune plus sombre
Couche sur le flanc
Du petit endormi
Le pollen éphémère
D’un petit body,
Justaucorps
Tout de miel collant.
Il s’ébroue,
Éprouve la souplesse de ses ailes,
Lisse ses antennes
Et…
Lèche son poil,
Maman passe sa main
Sur son front
Humide.
”Il est l’heure, petite abeille”
Elle ouvre la porte
Referme délicatement
Les petites ailes
De l’ourson
Redevenu blanc
”Tu sais quoi, Maman…”

Houpette, poudre de riz, tout comme

Cet automne

L’herbe est si verte,
Qu’il faut lui adjoindre un adverbe
Pour en mesurer la profondeur de la nuance,
Un nilomètre à herbe.
Un enfant en colère
L’air expulsé de ses poumons
Avec l’objet de son ire
Lui fait une tête de pomme d’api,
Tapis, tapis rouge.
Grin un rot isch Spengler Mod
Le rouge et le vert, le goût des gitans,
Le jugement, antan.
Et pourtant,
À la croisée
De l’étoffe des tartans,
Les fils,
Dont on fait la tige,
Esmeralda,
En bas
Plus haut
Le foulard
Noué
Carmin,
Carmen,
Je ne sais pas
S’il y a un lien
De sang
Entre le prénom
Et le sang de taureau
De la couleur,
Des pétales,
Jupe en corolle
D’une rose