ce que vos yeux vairons

Catégorie: Non classé

Chez le coiffeur

Devant le miroir.
Celui-ci me dit
« L’eau froide referme les écailles du cheveu »

Et toi, poème, ma petite loutre,
Enfant ébouriffé,
Dans le vif du contre-courant,
Ou galet lisse,
Gommeux gominé,
Ta tignasse, au cirage brun,
Brin de goémon,
Ce qui change,
Au fond,
Autour du visage,
Rideaux,
Avec, ou sans
Embrasses

Fruit givré, la nuit

Ajouré

« L’orient, le jour »

Compter les secondes
Par paquets de dix,
Prendre quatre douches,
Plisser les jours,
Comme un éventail
Que l’on replie.
Faire coïncider
Le mardi
Avec le samedi,
Le bagage, largement à temps
Et le bruit en grain de riz monotone qui tombe de la montre de la cuisine.

La grosse masse grise de la mer, et le ciel en pot de tabac de chez moi.
Le même étain.
Sur le sol, plus un grain de sable,
Le riz a le champ libre
La maison, grenier à céréales, aux murs bombés
Derrière les vitres, en nuages à la nacre noire
L’heure d’hiver

Nota bene, non grata, etc…

Aller dire aux très
Petites coquilles que
L’océan est vaste

(Elles ne t’emmèneront jamais voir un film au cinéma)

Inversion de la poussée

Aux antipodes, où
Les Toussaints sont printaniers.
Adresse au soleil :
« Position du poirier »

Muguet. Fait ce qu’il lui plait

Pour le centre
De la forêt,
Pars tôt.
Le centre,
Juste un mot.
À la moitié
D’avril,
Au plus tôt
Franchir
Le mikado
Des troncs,
Tu tournes
En rond,
Une main,
Aux matins,
A déplacé
Les arbres,
Le soleil
Change
De direction,
Les choses
Marchent sur
La tête.
À chaque instant,
Tu te rapproches
Un peu plus
Du premier
De mai.
C’est tout.
Le deux,
Après l’heure,
La foison,
Le champ de fleurs.

Sur la balance à fléau,
Le parfum blanc
D’une clochette,
De l’autre côté,
Crispé,
Comme un poing,
Ton coeur

Les lanternes

Conque de pierre
Du parc Salvator.
Il en sourd
L’écho du choeur,
À bouches fermées,
Jour des morts

Lumen de lumine

Égoutier
Des souterrains,
Ce jour non ouvré,
Où les eaux te font la grâce
D’être claires,
Le chlore d’un bassin,
Et palment les coryphées,
Le ballet de l’invisible,
Les jambes englouties
Qui sous-tendent l’édifice,
Et le sourire des sirènes,
Narines pincées,
Esther Williams,
Distrait ton jour,
Ta penthière morne
Aux eaux grasses,
Où la beauté
S’est usée,
Meule de l’obscurité,
Sur la corde rêche
De ses Sargasses

Papier, serviette

Dans la boule, un nid,
Qui lent, son ressort déplie.
Recouvre ses esprits,
Mouette !