ce que vos yeux vairons

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Tu n’es pas du Japon

Tu n’es pas de l’esprit du Japon

Cesse tes japoniaiseries,

Sa poésie t’en saurait gré,

Tu portes le kimono comme une croix,

Un costume d’emprunt,

Le chignon de travers,

Le teint à la craie,

Pour aller guincher, Cha-U-Kao, 

Comme une geisha au Balla-Balla,

Tu ne sais pas,

Trotti-trotta,

Marcher à pas bien élevés

Comme une petite souris,

Tempérance et Modestie,

Tes doigts de pieds,

Berthe-aux-grands-pieds,

Trouent tes chaussettes blanches,

Et dépassent outrageusement

De tes socques en bois,

Tu marches à grandes enjambées,

Entravée par le costume de soie,

Qui te blackboule,

Tu tombes,

Cette robe n’est pas faite pour toi,

Du bist grob, wie eine Kochwurst,

Le fugu, sans parcimonie,

Les lèvres en bec d’ornithorynque,

Au service de dermatologie.

Ainsi es-tu.

Tu écris ta petite affaire,
Kaffeeklatsch, ta zone de chalandise.
Puis, aussitôt dit,
Tu déplies
Une table, deux, trois chaises
Tu offrirais même un verre de liqueur,
À qui ferait halte ici,
Tu l’abreuves,
Il t’abreuve, louangeur,
Top là !
Discussion autour du bout de gras,
Là, la poésie
Chemin âpre,
Téter l’eau amère
D’un caillou calé
Contre la joue,
Nulle borne, à la parole facile,
Aussitôt évaporée,
La route,
Au pain noir,
Solitaire

Là, pour faire joli ?
Las, pour faire joli
Tu es à côté
De la plaque,
L’instantané,
À l’instant T,
Un corps mat,
Entre tes doigts,
Toute lumière bue.
La poésie n’a pas impressionné la pellicule, elle n’est pas là, las, pour faire joli
Electrocyanogramme plat

Tête de mort,
Sphinx sans le geste
L’air passe au travers d’elle,
La levée du corps,
Qui papillonne

Au fond de la veine

Es-tu autre chose qu’une excavatrice,
Poète ?
Une taupe,
Qui met au jour
Ses éboulis,
La roue d’une
Haveuse,
Qui attaque
Le front de taille,
Mord au plus noir
De tes souterrains,
Et étend,
À la vue de tous,
L’empreinte de tes suées,
En filigrane,
Comme le sang
De ces mariées,
Exhibés,
En leur premier matin

Ce chemin de servitude
Étroit, foisonnant
D’une ronce,
Que tu arraches,
Sans trêve,
Elle, tout en sève,
Poésie.
Toi, animal
Attaché
À ta noria.
Comment sortir
Hors les murs de ton être, sans
Tenir cette sente
Aussi ténue
Qu’une fente,
Libre,
Nue,
Le tissu
D’un champ opératoire,
Avant la macule
De l’intervention

De l’oeuf~mollet, éclosion, queue de poisson

Fruit de mer

Pied de grue

Faune déchaux