ce que vos yeux vairons

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Ni le jour, ni la nuit, l’après-midi

Nuit, heure d’été

Voilà la lumière
De midi, qui n’est plus que
Lune. L’ombre d’elle-même

Le désir

Huile épaisse entre
Les rouages. Plus rien ne colle
Soudain avec
Le schéma de départ,
Incongruité,
L’angelus sonne
Maintenant à huit heures cinq.
Quelque chose ne
Colle plus dans le
Paysage sonore

Nuit, couleur de l’encre

Les affluents

Tu vois de la terre rouge
Des croix de saint André qui flottent,
Le bois desserti des colombages.
Le torchis blanc rosit,
Et les images dévalent,
Par tombereaux,
La plaine irisée,
Millions de boutons de nacre
S’écoulant des réservoirs,
Soleils à la benzine,
Ebrus, beaux à pleurer.
Tu vaques dans la maison,
La tienne tient debout.
Demain, viendront des amis
Du pays du mistral,
Sabreurs de rubans.
La nappe.
La vaisselle brille
Dans le deux-corps de noyer,
Ne gâche pas leur lustre,
Suspends un instant
Tes battements de coeur déchiquetés,
L’eau coule,
Mais ce cercle-là
Ne se fissure,
Les anneaux de leurs bras.
Avant l’au-revoir,
Nous aurons échangé
Notre verroterie, nos ortolans,
Nos poisons violents,
Eux, les banons,
Les alentours de
L’abbaye de Montmajour,
Contre l’onguent
Dans son pot de grès rond,
Griebenschmalz,
Qui sent la fumée du plateau,
Un cérat, dans un coin du
Tableau.
Puis enfouir ces moments,
Ainsi que le fit Mémé
De son trousseau de draps,
Au fond du jardin,
Avant l’évacuation,
Vers le pays de Charente
Y revenir plus tard,
Les humer,
Comme un avare, sa cassette,
Jour heureux,
Parmi la fange des heures.
« Allez les gars, on progresse ! »

Nuit

La mésange te prend sous son aile

Photomaton

Zwillinge

En eau noire

Capillarité
La nuit, par les fondations,
La terre. Le ciel, en
Dernier

So oder so. Oder so

Gitane
Dans le siècle,
Son écu est ton écot,
L’eau qu’elle verse
Aux pieds de son arbre
Aux sabots

Tsigane
Nul écu, dans
La règle
La parole ne porte pas
De chainse,
Bourgeois de Calais,
Nus

Rosa née, ni l’une,
Ni l’autre,
Die Zigeunerin,
Sans chèvre folklorique, ni roulotte à rideaux, et géraniums pendus sur les côtés
Elle ne ressemble pas
Aux maisons d’ici,
Mais aux herbes des fossés,
Les jardins la regardent de travers,
Un fichu sur la tête,
Le samedi, les femmes sont hérissées de bigoudis,
Elle erre dans le village,
Son âme est-elle en peine ?
Elle n’est pas comme il faut propre,
Elle sent, les phlegmes,
Nos égouts sont profonds,
Nous sentons, l’urine,
Sous le savon,
Rien de plus,
Les vieux ont disparu,
Leurs tombes demeurent,
Où l’on se prosterne,
Les bras cassés,
Sous les pots de chrysanthèmes,
Rosa, son monde ignoré, est enfoui,
Jusqu’à sa place étroite au cimetière,
Qu’elle perd peu à peu,
Et l’ensevelit,
La folle.
Combien de fois,
N’avons-nous pas été ses rois

Vers la nuit, un jour sans pluie