Dégagée
Ma peau d’âne d’ailes, d’yeux
Facettés est tombée, la
Nuit, insectivore
Ma peau d’âne d’ailes, d’yeux
Facettés est tombée, la
Nuit, insectivore
À l’obscurité.
Distille, du noir, le coeur,
L’amande. Les essences
Je veux croire que les rochers sont restés roses,
Depuis la grande mattanza, de cette couleur
« Grès écrasé », pulpe pourpre des muscles dont
A coulé le suc, confiture, qui barbouille les hommes,
Qui flottent. Rose, couleur de pouponnière,
Les hommes appellent les mères, avant de faire le mort
Une gymnopédie,
Un homme-oiseau de Folon,
Roussette, sur fond rose
La neige s’airelle, son
Teint de colchique, feuille, alcool,
Ronéotypie
Le goût andalou de la première fraise.
Furtive, l’empreinte du cuir de la main du Marocain qui l’a cueillie.
Le sucre amer de sa sueur.
Encore, et encore,
Sortilège de la porta
Nigra, tout en moi
D’abord, il y aura.
Compacte et dense.
La foule.
Une banquise dure, des gens, je ne vois pas leur visage, indistincts, il y a des gens.
Et personne.
Il y aura des odeurs d’orange, de vin bouilli de Moselle, un manège de chevaux de bois, un limonaire déroulant le carton de ses canevas, des chansons anciennes et sentimentales, l’air est familier, les paroles, envolées.
Puis il y aura, tout au bout de la place, une rue adjacente, une venelle, des maisons à la lisière, la nuit enfin calme, un vieil homme rentre chez lui.
De lui je ne verrai qu’un dos.
A la fenêtre, devant les volets clos, une jardinière gorgée d’eau qui n’aura pas été rentrée avant l’hiver.
J’attendrai longtemps, là, devant cette maison.
Que la place se vide, comme une baignoire dont on libère la bonde, que les balayeurs, lavant les pavés à grande eau, dispersent la foule, et que décembre et sa fièvre retombent.
Retrouver de l’hiver, le visage doux et austère, la nuit, ses heures les plus belles sont les plus sombres.