ce que vos yeux vairons

Colchique

Cave

Pris dans les peignes

Du saule le vent

Se civilise

De tresses de princesse

Celte au sommeil lourd,

Le poids des torques

Des manteaux tissés

Bandeau de fourrure

Sur les épis de blé

Dans le tumulus

À l’obscurité calme,

Il retient son souffle

Qui cogne

Et se brise,

Torrent des échos

Dans l’antichambre

Aux veilleurs effondrés,

Animal,  pot

D’onguent

Parmi les os,

Paillette de poussière

L’air en sentinelle,

La vie un instant

En suspension

Et tourne les talons

L’étroit tunnel

Vers le soleil

Rugit,

Grotte de Fingal

En conque,

Le vent délie

Ses cheveux,

Sa promesse murmurée

À l’endormie

La nuit

Demeure sur le seuil,

Frère portier

Transmission

Cuirs

Du poème mort

Tanner la peau

Nerfs durs du dos de la reliure.

Chaleur avant la brûlure

Et lumière,

Corps de la flamme

Autour de la mèche,

Comme spathe cireuse

D’un arum

Son drapé, voile gonflée

Sur son aiguille

D’or

Bougeoir

Pluie

Rouages

Billard à trois bandes

Obscurité

Rayon de lune dans l’eau pâle de l’œil du chat

1,2,3 chaleil !

Les phares

Le filon

Dans un recoin de la cave, elle a le temps long

De l’oubli

Fonde sa chair, plisse sa peau, mais la nacre

Du corail qu’elle a nourri, perce l’ombre,

Les mailles du filet, nuit du creuset

La pomme de terre,

Descendre