Cuore
Il y a
Couvre~plaque~d’égout
Qui dresse la table,
Nappe le Pont~à~Mousson
De sa bayadère
Violet~vert,
Qu’un chat posé là housse
De sa présence
Comme le molleton
D’un pot à thé,
Un myosotis pervenche,
Un épi de blé
Les hirondelles vives aiguisent
Leurs ailes
Meule, le ciel
D’un métal léger le matin
Ne fait pas encore d’étincelles
Un noyau de cerise
Les carpes du bassin
Ont leur héraut,
Invisible crapaud
Qui joue du goître,
Mais avec parcimonie,
La nuit, ses bulles de savon
Moins impérieuses,
Le jour
Elles trouvent leur maître,
Petit garçonnet
Du coin de la rue
Qui tourne avec délectation
Et sans l’user
Son premier mot
Papapapa
Dans la bouche,
Minuscule oiseleur
Et sa douce mitraille,
Les pages,
Où se déposent
Les collectes
Au pied du cognassier sont treize pots de terre
Oeufs éclos, les fleurs, l’arbre, manchot empereur,
Couve verts cabossés les convalescents
Les feuilles en dos de phalène mitées de brun
Vache maigre, une plante grasse
Aux côtes saillantes
Boit du petit lait,
Rosée du matin,
De l’haleine de l’étang,
Un écaille de carpe
La happe l’alouette
Cithare en son bec
Berce un reste de nuit
Un premier pot
Monte son volet,
Phylactère roulé, suaire de sève claire
Son pansement humide
Drap blanchi au pré
Sous la lune répandu,
Long cil, pétale de marguerite sur une joue qui ne cille
Endormie