ce que vos yeux vairons

22/03/2024, le temps d’aérer la maison, 7

La voix en canon
Fut celle qui dit l’ami, lourd, porté sur le cœur,
Qui respire, l’inépuisable souffle
Les doigts, sur la nacre des boutons, la source,
L’accordéon
Et les feuilles mortes,
Réunies au printemps,
Tout l’hiver elles furent toit pour la petite vie
Qui remua la terre, chtonienne
Aux origines,
Tiédies, toutes les racines du jardin,
Catherine déroula le long phylactère
Iris
Agapanthe
Groseillier
Mis en terre l’année passée
Et qui fleurissent
Ton fils,
Et à la coque,
Quatre petits-enfants
En vin nouveau,
La ronde déchaînée
Élargie
Et les maillons,
Crochés
Pour de bon,
Jeanne à la couture,
Peut-être,
Pour la déchirure.

21/03/2024, le temps d’aérer la maison, 6

Il est revenu, tu es redevenu père,
Oncle, de lui à toi, le petit pont de bois
Des lattes du cercueil, die Glienicker Brücke
À la jonction de votre long chemin de croix
La dureté a déposé les armes
La Sagesse a dressé une table
Il aura suffi d’un seul coup de dé
Pour changer la face de la pierre
Pureté,
Dominique,
Il vous colle à la peau, ce prénom partagé
De père
En fils,
Le fil rompu,
Renoué,
Un bon début,

Esprit de John May

20/03/2024, le temps d’aérer la maison, 5

De mémoire.
Sous le dôme,
Colonnettes des épis de blé
Éblouissant soleil d’hiver les blondissant
Immarcescible ciel azur,
Dehors
Et dedans,
Le vitrail réagit ainsi qu’une joue
À l’afflux du sang,
Immobilité de Jeanne,
Et les cœurs battants,
Aujourd’hui, la réunion
Du billet déchiré,
L’autre moitié,
Et le cercle des vivants,
L’appel du printemps
L’air du temps
Est radieux,
Le verre du chœur,
En fleur,
La voix qui s’est tue
Entre dans le chant,
Canon,
Suspendu,
Larmes du styrax,
Et son encens

À oncle Dominique

20/03/2024, le temps d’aérer la maison, 4

Le silence avance
Prospère langue du glacier qui érode tout
Sur son passage
Lenteur,
Précision horlogère
Du piétinement
De l’ami,
Poudre de mépris,
Roulez la pierre, scellés de cire sur le tombeau
Le silence troublé,
Un brin d’herbe perce,
Rien de plus,
Au jardin
Calme

19/03/2024, le temps d’aérer la maison, 3

La poussière en bouchon
Sur le couvercle de la bouteille,
Doublement obturé, le sirop de menthe,
Frais,
Et le sillage d’herbe coupée
Par le sabord ouvert
Sur le pré fauché,
Je tiens le livre de bord
Sur la toile cirée de la cambuse
Choisir celle d’une péniche,
Tête minuscule
Corps de la cale distendu,
Une tique, grise et lisse,
Le bateau,
Un galet de granit doux
Sur la nuque d’Oncle Ho,
Ne faire provision
Jamais
De cartes de condoléances,
Qu’il y ait disette en la matière
Et courir chez le marchand de journaux
S’il le faut,
Fragile étai de la superstition,
Demain, il faudra écrire,
Un mot-couteau-suisse-en-échange-d’-une-pièce,
Mais qui y pense,
À l’échange des bons procédés,
Qui dise tout,
Sans être lapidaire

19/03/2024, le temps d’aérer la maison, 2

Il sera porté en terre le jour du printemps,
Cayeu en habit.
Il faudra parcourir les souterrains
Pour le reconnaître fleur,
Dans son costume
Des beaux jours.
Deux oranges en Chèvre de Monsieur Seguin
Disposées sur la table
Ouverture de la pêche,
Le soleil de 17h00 passe, train de laiton à l’heure
Et se coule sous
La ligne de flottaison
De l’horizon,
Hier.
Les jonquilles jaunes,
Le boa avaleur d’éléphant réjouit
Mon cœur
Il va être l’heure,
Je tapote le baromètre anéroïde
La tête du chat roulé en crosse de fougère
Qui indiquent calme,
Pas un brin d’air.
Faire le tour
Du Jardin-Amour,
Le chat a fini sa toilette
Fermer la fenêtre.

18/03/2024, le temps d’aérer la maison, 1

Être un ogre qui mange avec Parcimonie,
Trop souvent reléguée dans l’ombre, une amie.
Au matin, l’air vif circulant,
L’asthme de la cafetière
Et son filet brun,
Le temps consacré
Aux balbutiements,
Les chats t’inspirent
Pou et tique
Petit travail de terrassement
De la pensée,
Rien de plus.
Tout ce qui reste du jour
Plein des aimés,
De la cafetière à détartrer
Occupe l’interligne,
Un nuage,
Sur fond de ciel,
Tu dis blanc,
La page répond
Bleu.
Fronce les yeux.

16/03/2024, quelle que soit la couleur de peau, oiseaux

Jpeg

16/03/2024, mémoire de forme

De la feuille de papier, extrêmement froissée.
Du blanc broyé, une succession de séracs
Acérés, roulés en boule, l’affaire est pliée.
Une tache d’huile ouvre des perspectives
Dans l’ouate de l’épeire,
Un oculus, quand la fenêtre est au givre.
Se polisse l’éventail
Des possibilités,
Bonne pâte,
La page blanche tuyautée
Trace,
Les élisabéthaines vagues d’une fraise,
Déploye, irisée, la moire
Marche après marche,
D’une rizière
En escalier

15/03/2024, le manteau

Jpeg