ce que vos yeux vairons

27/03/2024

De l’émeraude râpée à foison, gazon
Même Un Jour sans Fin peut avoir un dénouement
Écosse, au dessert. Aérienne Dame Blanche
Neandertalien chat au poil de yak, faire court.
Réversible dentelle de Lefkara, l’envers
N’est reflet
Joueur compulsif jusqu’à l’illusion perdue
Ô nuit où poussent de sombres bois de justice,
L’arbre, flétri
Une fraction et deux larrons, l’un est l’autre
Jusqu’au jour où
Dis une seule parole et je serai guéri
L’Homme Vert dore au soleil, lézard. Caméléon.

26/03/2024, sous le harnais

Je suis un fakir
Douillet
Couché dans son lit
Il est de la nature des ressorts ensachés
Qu’ils affirment tôt ou tard leur velléité
Et percent dans les épaisseurs du matelas
Une voie jusqu’à ma conscience somnolente,
Sans mollir, franchissement du gué dans les clous

26/03/2024

Il fait si beau dehors, l’herbe est à la feuille d’or
Des jonquilles, en boire le lait blanc, la nostalgie
Du vert
À main droite, l’arsenal moderne, thermomètre
Electronique
De l’autre, l’électuaire
Et l’enseigne de fer forgé de l’antique
Apotheker,
Ces pots peints de cyan, chapeau chinois, inscription
Latine, abréviation
Respirer l’odeur des caravaniers d’épices
Passée par les dunes

23/03/2024, le temps d’aérer la chambre, 8

Astronomie
Je guette dans les écrits le brin de persil
Entre les dents,
Une planète habitée
Aucun mot tiré à quatre épingles
Si ce n’est pour le tanner
Peau de banane tigrée,
Pour le carquois
Flèche empennée
D’une fleur de pissenlit séchée,
Tout autre,
Le tissu empesé pour ne pas faire un pli
Dont rien ne transpire
Une fleur à l’odeur de carie,
Le chat contrarié, il a ses jours,
Piano mécanique de la poésie,
À la manière de,
Joue-moi une fausse note,
Quelque chose
Que tu aurais façonné
Avec la terre de ton jardin,
Ta griffe à la première note
Bouche fermée,
Se passe de mode d’emploi
Tous les matins le bateau coule
Et tu l’écopes
Sans le secours d’une écuelle
Paume en peau de requin,
L’autre de velin,
La carotte sauvage,
Et le bâton de marche
En ligne de partage des
Hejnal,
Détaillés
Du plus gros au plus petit
Comme ce lacet de pâte à nouille
Qui croît et se multiplie
Mille et toujours le même,
Minuscule échoppe
D’un bouillon,
Ramen,
Goût de la livèche,
Et de la plante à curry,
Garum
À la sauce d’ici

23/03/2024, le temps d’aérer la maison en très grand, 8

Tous se souviendront de son nom,
Car n’a pas chanté pour sa propre gloire
À M.D. de l’infime chorale aux rossignols
En cage, dont la voix n’a jamais pris le dessus
Extrême rareté de sa couleur
Renonciation,
Sans amertume aucune

23/03/2024, le temps d’aérer la maison en grand, 8

Sur le livret d’épargne,
Le souffle rare,
Tous les os sont à moelle
Et craquent,
Y compris dans le museau joli
Des chats,
Influenza
Tu es dans la centrifugeuse
Où est passé le trou de ton nombril
Tu fais les poches du tas d’épluchures,
Rien,
Il est là, c’est rassurant
Le magnolia du haut de la rue,
Chef-d’œuvre d’un plumassier compagnon
Une rêverie de blanc, de gris,
De cernes de cendre de rose
L’œuf poché d’un œil
Qui a mal dormi,
Le temps est à la pluie,
Pour l’heure de gloire des jonquilles,
Le soleil s’ébroue
Pile poil au-dessus du jardin
Qui fait provision
De lemon curd yellow
Place de la réunion,
Petites tartelettes au citron pour Jeeves,
Et thé,
Oncle Ho est une boule mouillée,
Giboulées de mars,
La toux est une branche de houx que j’avale,
Mdr,
L’Amour ne s’apitoye,

À C., le garde-fou

22/03/2024, le temps d’aérer la maison, 8

Jpeg

Mouette

22/03/2024, le temps d’aérer la maison, 7

La voix en canon
Fut celle qui dit l’ami, lourd, porté sur le cœur,
Qui respire, l’inépuisable souffle
Les doigts, sur la nacre des boutons, la source,
L’accordéon
Et les feuilles mortes,
Réunies au printemps,
Tout l’hiver elles furent toit pour la petite vie
Qui remua la terre, chtonienne
Aux origines,
Tiédies, toutes les racines du jardin,
Catherine déroula le long phylactère
Iris
Agapanthe
Groseillier
Mis en terre l’année passée
Et qui fleurissent
Ton fils,
Et à la coque,
Quatre petits-enfants
En vin nouveau,
La ronde déchaînée
Élargie
Et les maillons,
Crochés
Pour de bon,
Jeanne à la couture,
Peut-être,
Pour la déchirure.

21/03/2024, le temps d’aérer la maison, 6

Il est revenu, tu es redevenu père,
Oncle, de lui à toi, le petit pont de bois
Des lattes du cercueil, die Glienicker Brücke
À la jonction de votre long chemin de croix
La dureté a déposé les armes
La Sagesse a dressé une table
Il aura suffi d’un seul coup de dé
Pour changer la face de la pierre
Pureté,
Dominique,
Il vous colle à la peau, ce prénom partagé
De père
En fils,
Le fil rompu,
Renoué,
Un bon début,

Esprit de John May

20/03/2024, le temps d’aérer la maison, 5

De mémoire.
Sous le dôme,
Colonnettes des épis de blé
Éblouissant soleil d’hiver les blondissant
Immarcescible ciel azur,
Dehors
Et dedans,
Le vitrail réagit ainsi qu’une joue
À l’afflux du sang,
Immobilité de Jeanne,
Et les cœurs battants,
Aujourd’hui, la réunion
Du billet déchiré,
L’autre moitié,
Et le cercle des vivants,
L’appel du printemps
L’air du temps
Est radieux,
Le verre du chœur,
En fleur,
La voix qui s’est tue
Entre dans le chant,
Canon,
Suspendu,
Larmes du styrax,
Et son encens

À oncle Dominique