10/03/2024, le vent

Laetitia Esmeralda qui virevolte
Martinet du printemps parmi les oiseaux
De la tour, qui n’est encore que brise, le vent
Cinglera le rose edelweiss des sommets,
Délivrez-le de ses chaînes, la livrer à la haine
Laid idéal de la noirceur, en écusson
L’accident et la fleur, ourlés, kintsugi
C’est la vie
Séraphine écrivait des bouquets au Bon Dieu
Il tend sa cartouche d’encre, le muscari
À côté du carton des décorations de Noël
Déposer le tablier et les chenêts
De la cheminée, le chat en tenue d’été
Traire la pierre vache, petit lait est eau de roche
J’irai avec Jeeves girer autour de l’étang,
Jusqu’à ce que le pied fourche, comme une faute
D’orthographe sur un mot acéré, pompon rouge
Qui fait le clown, il est cancre, et le voilà
Son coquelicot, sa légion d’honneur d’un jour
Aussitôt dit, aussitôt flétri, rien ne dure
Agrainé, le taureau furieux de la colère
Arpente la cellule, malaisée gigogne
Hérissée de coins, toutes choses contondantes
Rentrées à coup de marteau dans la sphère,
Je n’ai rien d’autre qu’un peu de baume pour ses tempes,
Un grain de fenouil pour la boule noire au ventre,
Le tour régulier de l’étang jusqu’à l’usure
De la corne, le cœur n’est pas atteint, les pieds jurent
Seuls, et butent dans chaque caillou du chemin
Effigies d’une tentante muleta, calme !
Cris dans les roseaux qui bruissent, et décomposent
Leur bile en une farine sèche dispersée
Par le vent
Retrouver son souffle, l’endroit du sous-bois
Pailleté de petites fleurs, atmen
La voie est libre, fort, et clair
À Christophe
Deux trois et marche …
À travers la pluie,
Comme une étrave
Qui fend,
L’ison et trois mots
Lancinants.
La nuit, poussée
Sur le bas-côté,
Ils sont six
Et six brise-glace
À porter le printemps
Contre la joue,
Ainsi, les joueurs
De violon,
D’un pas retenu,
Comme on raccourcit la laisse
Au cou d’un chien,
Remontent et se mêlent
À la surface de la mémoire
Les débris du naufrage,
Ce qui flotte
Est le plus léger
En ce soir de février,
Une odeur de benjoin
Brûle, plissé soleil
Papier d’Arménie,
Et le chant
Aux doigts errants
Un parfum,
Au sillage,
Aussi large
Que celui du bateau
Blanc d’écume fraîche,
Et la mer est libre
Rien de froid ne broie
La coque qui avance,
21 février 2024, le soir
Pavé aux arêtes
Biseautées,
Sur le modèle des parcloses
D’un miroir grainé
De lichen
Dans l’interstice,
Un carroyage de mousses
Qui font le lit de plantules
Réduites à leur plus simple expression,
Du plantain lancéolé,
Pour Alice dans son terrier,
Un confetti de rocailles,
Entre deux doigts,
Je roule cette mie
La sphère d’un kokedama
Aussi gros qu’un pois
Monde végétal,
Je pense aussi
Au long phylactère
D’herbes, et de fleurs,
Bouquet de mariée
D’une princesse du Nord,
Frère déroulé
Du petit lé vert
Qui pousse
Entre deux pierres,
Et qui sur sa robe blanche
A brodé en tablier
Une litanie, de muscari ?
Que dit le souvenir ?
Consulter le devin
À contre-courant
Celui du futur
Accompli
Formuler des vœux,
Voilà mon commerce,
Il faut tout dire,
Sfumato de pierre de l’Ange au Sourire !
Et bloc terreux noir,
La massive détente d’un boxeur,
Déboule le sanglier
Dans ses labours,
Il n’est pas regardant,
Dans le nuage
D’un papier de soie,
Une voiture folle, ingouvernable,
Quand écrire vous mène en bateau
Un grondement de sabots,
Un oiseau vole en éclat,
Ses cendres en pensive
Stryge
Retombent doucement
La cire du sourire fond,
Mais demeurent,
À la naissance des fossettes
L’ébauche des commissures,
L’outrage,
Et l’étrange
Grâce de ces beautés
Que ne définit
Aucun canon,
Intérieure,
Dit la pudeur,
Plonger sous la surface,
Là où rien ne flétrit,
Hormis ce qui se voit
Où le corps de la rose
Repose,
Natron de la bonté,
Immarcescible