ce que vos yeux vairons

26/01/2024, en 3D

Au moment de prendre congé, il met les voiles
Fuseau, le bateau en bouteille replie ses ailes
Le passage du goulet du goulot étroit
La taille d’un corps que l’on cercle à deux mains,
N’est rien, en jaillit, comme sur la rivière Li,
Le trait, poisson d’argent au bec, d’un cormoran
Après la pêche, la flèche gonfle ses plumes sèches,
Oiseau,
Ainsi en va-t-il de la caravelle, passé
Le pertuis,
La coque, navette d’un petit gâteau
Retrouve, déferlée, sa silhouette,
Petit bateau

26/01/2024,

Épines ébréchées de la rose, barbules d’une flèche
Qui passe par le cœur, à fleur, les initiales
Haut-relief dont le sceau plonge jusqu’à l’aubier,
L’arbre, sceau-cylindre, dazibao, fait écran,
Feuille qui spirale autour d’une colonne de Trajan,
Désoriente la hache du bûcheron,
Il passe le long de l’entrelacé serment,
N’y voit que du feu,
Sans apercevoir l’essence
Qui en consume le bois

24 janvier 2024

Dans un mois, la guerre aura pris un an de plus
Les hommes n’en sortent pas grandis
Déjouer l’implacable futur antérieur
Le Temps du Rêve,
Labyrinthe de buis,
Le Minotaure, Hathor,
Le ciel des souterrains noirs,
Soleil levant sur Louxor

24/01/2024,

Accompagner le chant de la baleine,
À bouche fermée,
Une bulle d’air close sur l’ison
À la commissure des lèvres
Remonte vers l’horizon,
Rien n’en sourd
In petto.
Lui laisser le champ libre
La mer est sa maison
Son pré carré, l’eau
La sincère chamade du coeur
La troublante percussion
D’un boléro,
Révolution du danseur
Autour de son aria
Sa spirale guidée
Par son tuteur,
Le goutte à goutte
D’une encre marine
Diluée dans le courant
Lentement glissando,
Rideau sur la comptine

24/01/2024, bout de ficelle

Un fil-chenille tissé en nid de chrysalide
Le déroule un enfant, colimaçon de Zan
Réglisse cirée et papillon de nuit noire
Rien ne se perd tout se transforme
De cocon en machaon, pâte à modeler
Le friable filet du rêve se renouvelle
Incessante vague qui regonfle
Aussitôt détricotée la phalène mue
En baleine à bosse sous les doigts d’un moussaillon

24/01/2024, dictée

Ce balancement, tantôt collant effusif
Lent. Une pâte de verre qui avance sa langue
Pied précautionneusement prudent, escargot
Qui enveloppe le relief, son sillage
De bave brillante vitrifie une herbe
Couchée sous cette loupe la mise en exergue
Du brin vert en point d’exclamation étouffé
Tantôt explosif, une expression volcanique
En nuée ardente, la sève du printemps
Réinvestit le corps des arbres sous pression,
La tessiture d’une basse grondante,
Des paquets de mer jaillissent de la gueule
Du lion,
Météorologie des humeurs qui impriment
Au tampon le rythme de leurs saisons,
Des traces de socques de bois gaufrent le papier
Et parfois rien de grave ne l’entame, les clous
De la chaussure, rétractiles
Des griffes de chat, en chaussons de soie,
Selon

23/01/2024, règlement intérieur

Sans laisse sur le cou le chat est courant d’air
Qui le nourrit devient son servant de messe
Cadenassés les accès à la bergère
Il te tolère sur le limes de ses terres
S’il t’a à la bonne, rets des amours ancillaires
Devine qui dit quoi, mi casa es su casa

23/01/2024, sur la route, le havre

Inconditionnel Amour de Jeeves conjugué
Par tous les temps, par les tempêtes de la pluie
Qui précipite le jour dans les affres de la nuit
J’étais aveuglée, et tu n’as pas failli, Phare

À C.

22/01/2024,

Pêcheur à la ligne, le métal écroui
Poisson à la surface de la conversation
Une petite clochette tinte
Dissipant ses images en nuage
Phosphorescent le mot brille,
Pointe en jet d’eau de cierge magique
Le quotidien des niveaux du Rhin,
Les expressions passent, mets sur le plateau tournant
D’un restaurant, extrême-orient,
Goûter,
Réarranger ce qui se suspend à la mouche de la canne
Ainsi que ces formes géométriques qui tombent,
Tétris,
Dans le désordre,
Établir un radier,
Ou laisser aller le kaléidoscope mouvant des nuages,
Faire la planche sur les flots calmes
Laisser le volant,
Être passager du poème

20/01/2024, dedans, dehors

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