ce que vos yeux vairons

20/01/2024, soubresaut

Couper l’amande de la géode, lilas
Sentir l’améthyste sur le fil de la pierre
À aiguiser les sens du printemps, avril

Où, les disparus et le silence des rues
Passés, quatre années ont fossoyé, corps sous chaux,
D’autres tumultes ont levé leur bouclier
Depuis
Vite la tête dans le lilas, anesthésie

19/01/2024, perce-neige, trois forets

Jpeg

19/01/2024, le cœur sur la main

Grésil minuscule grêlon frelon de la neige
Si tu es à terre ses dards de verre s’enfoncent
Pointes de flèche, cible de bonne composition
Qui ne bouge d’un cil
Homme debout et dard de rêve, ton front est l’étrave
Qui fend l’hiver.
Au ras des pâquerettes, l’asile d’un frère
Au corps de porcelaine
Fragile, haut ⬆️  bas ⬇️  ne pas coucher
C’est écrit sur le carton
Il n’est pas écrit
Ne pas toucher

18/01/2024, sous l’un de ses jours

Jpeg

17/01/2024, contraste

Blanchiment d’argent, le ciel, à la mine grave,
Étain noir qui s’éclaircit, teint de porcelaine
Enfin, l’abcès, crevé, à mesure que tombe
La neige.
Mais le champ est l’horizon, désoriente
Le regard, qui se raccroche aux branches d’un arbre
Qui rend un sens, une profondeur de champ, perdu
Petit Poucet une souris a mangé ton pain
Blanc, et l’hiver, ton chemin,
Un phare, détaché de la mer, et sans lumière
Aucune
Juste l’éclat de son tronc, fusain brûlé au froid
Comble les manques d’un salar lunaire
Et ton monde évanoui, claire magie
Revient à la vie,
D’un trait de crayon

17/01/2024, au ras des pâquerettes

Jpeg

17/01/2024, le peuplier

Aiguille et chas, le tronc, absence de frondaison

Jpeg

Ce n’est pas du coton, mais le vent s’y faufile

16/01/2024, bouts de ficelle

Kjökkenmödding, je te fais prendre l’air, or-mot
Jetée sur un rocher afin qu’elle s’éparpille
Mêlant l’écume verte de ses morceaux
À celle qui mousse quand se fracassent les rouleaux,
La bouteille, dans une anfractuosité.
Le fruit de sa décomposition agitée
Jour après jour, osselets frottés dépolis
Joaillerie de bord de mer, un petit enfant
Ouvre son éventaire dans la haute cour
Du château de sable, sur le pavage de verre
Une étoile rayonnante progresse
Vers la herse tendre du pont-levis
L’eau monte dans les douves
Remue la transparence verte du parvis
Et la plage est à nouveau bière de la bouteille
Reliquaire et tombeau
La mer qu’on voit danser
Souvent avec Carter
Rime, à la main, une pelle et un seau

15/01/2024, « Le Ballon Rouge »

Sur fond gris tout est dit il est ballon rubis,
Une gemme
Tout le monde sait que les pierres sans prix
Sont d’air, de nylon et de ficelle
Mais celle qu’Hermès a dotée d’une paire d’ailes
Qui vole et ravit le cœur du petit garçon
Précieuse bille
Un clown tout en nez,
Tige et cœur,
Une fleur stylisée,
Jamais un mot plus haut que l’autre,
Sauf s’il s’agit
De prendre
De la hauteur
Une île au trésor
Fata Morgana,
Qui flotte,
Et fond sitôt
Que fond sur elle
Le bâtiment vaurien
D’une troupe de pirates petits
Au maigre butin,
Mais ce qui prend son envol,
Sans poids,
À la fin,
L’ascension
Poésie

14/01/2024, poésie

La place que fait la passante au Ballon Rouge
Du petit garçon sous l’auvent du parapluie

À l’enfant-Jeeves