13/01/2024, cheveu détaché de la tête du cerisier

Ce racontard, ou tôt, en arc-boutant
Que ne s’y immisce le jour,
La sphère
D’une boule de neige conditionnée
Sous atmosphère protégée,
Rien n’y fond,
Flocon égal à lui-même même en été
Le chat roux ne nous a toujours pas appris
Son prénom
Éruption solaire de sa toison
Mi-figue, mi-hérissé, l’hésitation
Le rêve où l’adjectif est à sa place, le chat
Petit est réduit aux proportions d’un poney
Miniature, ou d’un dictionnaire extrêmement
Lilliputien
Je sens ses côtes, arêtes fines, et sa fourrure
Est celle d’un lapin
Aussi douce, d’un savane crissant sous le soleil,
Ni nain, ni chaton, mais d’une autre dimension
Il pourrait courir sur le pont d’une caravelle
En bouteille
D’un coracle en mignonnette de whisky
Gravir la montagne d’un grain de riz paddy,
Le rêve qui couve, il fait chaud dans la chambre noire
Mirage renvoyé dans les cordes comme un boxeur
Qui tombe dans le panneau, miroir du palais
Des glaces
L’heure tourne mollement à ma montre à quartz
Trompeuse
Les trompettes de radio Luxembourg buccinent
Le chat s’évapore dans un nuage de talc
Cœur noir couronné d’or, y voir un tournesol ?
Corps céleste en sables mouvants où s’enfonce
La lumière, margelle d’un puits sans fond, un trou noir
À la chair transparente dans la nuit stellaire,
Sa seule parure, cette coiffe ardente, pétales de fleur
Qui ceint le mystère, est-ce cela, la poésie