ce que vos yeux vairons

01/12/2022, tentative de définition

Tout est né
Du vertige,
Qui est fils
Du vide.
Pour le combler,
On remplit.
La vue sur la ville,
Strasbourg brume tremblée
Aperçue entre les colonnettes de grès
De la montée
Vis sans fin de l’escalier
De la tour de Notre-Dame.
Figée entre deux eaux,
Entre Papa et Maman,
Statue de sel qui vacille
Passer ma vie ici ?
En bas, le souterrain noir
En haut de l’impalple matière à nuage.
Je suis un caillot dans une artère,
Les touristes ascendants
Et les touristes descendants
Sont coincés,
Mes parents avec leur problème.
Le vide se remplit.
Se comble comme un Moloch,
Toujours avec excès,
C’est un ruminant
Aux multiples estomacs,
Le vide,
Entre les colonnettes,
Taloché,
De la paille et du torchis,
Avec vue sur plus rien
On couvre les blancs d’un cahier de pattes
De mouches si serrées
Que tout l’espace intercalaire s’obscurcit
Il n’y a plus rien d’écrit.
Juste de la suie noire
Poésie sub-linguale ?

01/12/2022

Dans le soliflore
Trois roses, trois longueurs de tige
Formation réduite,
Musiciens de Brême

Tentative de définition

Poésie ?
Un moulin à vent
Posé sur une mer d’huile

Pyramide des âges

Son palais de tous les jours
Sa tombe de toutes les nuits,
Sans communes mesures,
Pharaon

Midi

Par temps cotonneux,
Jeeves pour décrocher la lune
Décroche le soleil
« Regarde le ciel dans les yeux »

Vocabulaire

On pardonne à nos morts
De s’absenter du dialogue intérieur,
Dieu seul sait ce qu’il advient d’eux,
Au moment du silence épais.
Mais les vivants mimétiques,
Minéral tourné vers le centre de l’île
Leurs yeux cassés,
Moai, là,
Et nous, de quelle matière, la transparence que rien n’arrête
Qu’en faire

Choix de Jeeves

Par temps cotonneux,
Il fait entrer le soleil
Dans un vase, fleurs jaunes

Subtilité de la langue

Tout en bas,
Je situe le parc aux grands arbres
Pourvoyeur de tapis de feuilles
L’amortisseur,
Au pied du toboggan de fer,
Gibbeux,
Son parcours rallongé
Par la bosse,
Vers le milieu
Dos de Nessie
En remontée,
Son demi huit
Voguant
À la surface
Du loch.
Avec Maman,
Nous descendons
La rue Bossuet
De mes cinq six ans
Des Vosges du Nord.
La leçon du jour,
Dire bonjour.
Le premier croisé
Sera ma proie
Coriace
Bonjour-Monsieur-ne-répond-pas,
Je lis dans ses yeux une paire de points d’interrogation
Je ne sais toujours pas faire le tri
On-ne-parle-pas-aux-inconnus

Tout le monde comprend

Ni écrite,
Ni parlée,
Le silence,
Langue partagée
Du berceau,
De la chasse des grands animaux
Courant, sceau-cylindre immobile
Sous les abris sous roche,
Juste avant que l’enfant
Qui bouge dans son sommeil
Ne crie,
Pas un bruissement de feuilles,
Un craquement de branche sèche,
Le pied chaussé de peau
Est sans existence
Pour l’antilope,
Ni son, ni bruit,
Ses drêches,
La main qui cesse son mouvement
De balancier sur la nacelle
Donne la parole
Au petit
Balbutiements

Côté fenêtre

L’orientation
Du siège,
Dans le train,
Selon que le paysage,
Et le voyageur
Inéluctablement
S’éloignent,
Pâte qui s’étire,
Ou se coursent,
Lévrier à l’appât
Mécanique,
Autour de l’anneau,
Sans début,
Ni fin,
Trahit l’essence,
Le sens accordé
Par le déplacé
À son voyage