ce que vos yeux vairons

Béquille douée
D’une vie propre, elle marche,
Sans le besoin d’une paire
De bras,
La poésie.

Elle vaque à de mystérieuses
Occupations,
Toi, tu attends,
Tétanisé,
Les poings tendus,
Tu voudrais aussi essayer
Comme dans ces contes de fée
Ce chausson,
Bâton de marche,
Juste pour voir,
Si tu es de taille
À la porter

Place de parking

Les corbeilles d’or
Les corbeilles d’argent
Se poussent
Au fond des jardins
Du Nord
Les lauriers roses
Vont les coloniser
Cro-Magnon.
Néandertal
Acculé
Contre le buis
Qui a tout perdu,
Ses feuilles en petites oreilles de souris
Son odeur amère sous la pluie,
Gardien je suis d’une porte
Ni ouverte
Ni fermée
Jusqu’au souvenir
De ce qui a été,
Qui sèche,
Au jeu des chaises musicales,
S’asseoir par terre

Nouvelet de juillet, 5

(Précédé
De la poussière
Qui constitue août,
Les volets ouverts
La révèlent
Comme un négatif
Mis en lumière,
Il a neigé,
Cet été)

Nul édifice vertigineux,
Tour de guet exagérée.
À chaque maison d’assujettir
La cime de son toit
À la branche la plus basse
D’un séquoia.
Que vue d’artiste du cosmos,
La Terre, moins que poussière,
Grain,
Présente le profil
Le plus lisse de sa sphère,
Écorce imberbe,
Le velouté d’une joue,
Pétale si fin de rose
Qu’en transparence
Une veine bleuit,
Éclat d’une fleur fermée
De myosotis,
Seule trace de pas
Laissée.
Le monde,
À sa place,
Rien,
L’homme
N’en dépasse

Contours

Sur un tas de sel
Quelques grains de poivre gris
Blanc à l’ombre,
L’edelweiss

Hypnose

Le feu
A chassé
La guerre
A chassé
Le virus
Rétrogradation
Des plaies
Dans les bas-fonds
De la mémoire
Les nouvelles sont toujours fraîches,
Et passent,
En carrousel,
Godets d’une noria,
Jusqu’à l’épuisement
On ne sent plus le sel sur le sang
À ciel ouvert
L’anesthésie des sens

Nouvelet de juillet, 4

Carnaval des animaux
Le plus constant
En parallèle du sentier
Au soleil
Le bruit de planche à savon
Sur les cailloux inlassablement
Le torrent,
Son linge d’herbes rincé,
Les Tabacs d’Espagne
En pluie orangée
Sur les mange-debout
Capitules des chardons violets
À hauteur d’homme
La patrouille de la libellule
Affûtée
Bleu, noir et verre
Les gouttes de sang
De nain de jardin
Sont fraises des bois
Entre les doigts
Rosis d’une souris
Soeur-portière
Dès l’orée
La petite belette
Bondissant
Ses 8 à demi,
Une vague brune
Et plastron blanc
Bifurque
Salut silencieux
De l’écume,

Pris sur le vif

Petite boule d’eau
Aux flocons de neige, Jeeves
Et Oncle Ho

Poésie

Tous les matins
Réapprendre une langue
Endormie. La sienne

Aliment

Le peintre vend une peinture
Le sculpteur vend une sculpture
Le romancier vend un roman
Le poète, vent
”Rien ne doit rester”

Chat échaudé…mon oeil…

Ciré de rosée,
Oncle Ho gommeux heureux
Miaou argentin, pluie