ce que vos yeux vairons

Nouvelet de juillet, 1

Elle déplace son campement
Le long, sur l’eau
Elle arrange les berges du torrent
Fait son lit le long du lit du Nil
Sous le couvert des arbres,
Elle pousse le ciel,
Bergère de libellules,
Vers le sentier coupant,
Les cailloux acérés
Brillent, silex au soleil,
Ne montent, noirs
Silencieux que les taons
Avides, tes bras nus
Entre le poignet
Et la manche longue,
À la chair tendre,
Le bourrelet,
Poinçonnés,
Leur impôt,
À la tête du client,
Du sang neuf,
Ta main gauche ne dit rien,
Trop tard,
Le flabellum
Des doigts
S’éparpille
Sur le vide

Sens unique

Lys de l’ombre lys
Dans la lumière, la Terre tourne
Histoire linéaire

Exemple d’île

L’automne dernier
Pain perdu d’un poème exhumé,
Son humidité
Ses dimensions de géant de ducasse, le rêve

La proue du Bellerophon,
Par la porte,
Comme un rostre d’espadon,
Le vent en sang,
Sur le buisson d’épines,
Mystère de la chambre
À la feuille d’or
Et le masque,
Les coulées de plâtre
Dans les cils
De l’homme qui dort
Plus loin encore,
Le Sud glacé,
Tu t’arrêtes,
Brisants,

Les poissons volants
Aux ailes nervurées,
Voile de jonque translucide
Verre de bergamote

Octobre 2021

Midi, petite pluie

Ploc sec, une seule goutte.
Front d’une guêpe, nez écrasé
Contre la vitre
Ivre, livre ouvert
D’une odeur de
Cuisine

Chaleur

La brise, sans force
Parmi les pampilles du lustre
Cristal muet

Petit Ours Brun

Ici, un grizzly.
Grâce d’un elfe qui volète,
Léger, Brauner Bär

Käthe Kollwitz

La pauvre mère
Presse son sein, sac de forge
Au lait trop clair, air
L’abeille crie,
Still-life,

Coeur de pierre

Une abeille, poupée
De chiffon molle, posée sur
Le sein sec d’une fleur

Midi solaire

Ne pas les quitter
Des yeux, la chaleur et son
Lait sur le feu

”Sauver la nature”

Cher Gilbert Garcin
Arc-boutant d’un brin de
Blé, Le Monde du jour