ce que vos yeux vairons

Dans l’intervalle

Venue, la chaleur
Venin, la chaleur, midi,
En bien ou en mal,
Le feu, en cheveux,
Cheval sauvage
Au corral,
Casserole d’eau
Couronne bleue
Du gaz
Étincelle
Du piézo

Pin, chêne

Le temps d’une vie, plus
Une ou deux, à monter vers
Le ciel leur échelle

Bref

Le présent, odeur
De brûlé, demain sera
Passé en cendres

Midi, sur le bout de la langue

Les grimoires sont faits
De matière illisible
Cuisiner les mots
(Juste ce qu’il faut)

Nouvelet de juillet, 3

Au bout du chemin du matin
Bande centrale vert de mousse
Latérales de pierre poussiéreuse,
Le soleil sur la nuque,
Ombre à la hache,
L’animal du mythe,
Tronc blanc,
Frondaison qui pousse
Le ciel vers ses limites,
L’arbre,
Haußer Tanne,
Chandelier
À une branche,
Le soleil qui point
Repose son étoile
Sur son front
Un instant
Et Noël se dissout
Dans la lumière
Qui s’étend,
Papier humide
De l’aquarelle,
L’été emporte
L’or
De son flocon

Nouvelet de juillet, 2

Le totem en gloire
Ciselé
Pierre dressée,
Bois,
Chouette Loup Aigle
Au commencement
De la forêt
A grisé,
Arrondit ses angles,
La taille s’efface,
Nombre des hivers,
L’écorce,
Arbre redevenue
Trouve sa place,
Une racine
Fait son sillon
Parmi les herbes
Folles sans nom,
Lentement,
Le rouge monte
Aux joues
Du loup,
Les deux oiseaux

Insaisissable

Les mots informes,
Anesthésie. Ainsi en
Va-t-il du poème,
L’embardée,
Au bout des lèvres,
In petto,
Chez le dentiste

L’expression de l’idée
Foulée au pressoir,
Grains et rafles,
La fulgurance,
Comète d’une image,
A l’espérance de vie
D’une petite tortue
Sortie de l’oeuf
Une nuit de pleine lune
Sur une plage

Midi, disette

La guêpe se serre
La ceinture, affine sa taille
De guêpe, dînette

Derrière la fenêtre

Intimidante
Nuée de guêpes, le jardin
Par elles confisqué

Un chat est un chat

La poésie, sans jubé.
Son clergé, réduit
À sa plus simple
Expression,
Le vent nu est l’intercesseur.

Imitation du chant,
Les mouvements du coeur,
Cet oiseau qui bat sous les côtes,
Contamine jusqu’à la main qui écrit
Et tressaute,
Peau à peau,
Passent les mots,
Calque,
Travail de l’esprit
Jusqu’au territoire
Du noyau,
Ce pays à la langue
Sans équivalent
Petite musique
De l’idiosyncrasie,
Qui parfois fait souche,
Parle sans le ricochet
De l’accent,
À celui qui la lit