Précision horlogère
Du tri des déchets
Au cellier s’amoncellent
Les tas de tesselles,
Mosaïque scrupuleusement
Démontée,
En attendant la poubelle,
Une semaine sédimentée
Limon au fond
De la citerne
Les coupelles de plastique
Faisaient des yeux fantastiques
Sur un parterre de villa
Paphos,
Chassées par le vent
Lointain
S’enchâssant
Dans les orbites
De pierre vide
D’un Moai,
La beauté plaquée
D’un or frelaté
Masque mortuaire
Détritus des fous,
Poison à mouette
À poisson,
L’or en plomb
Qui rend
Les petits enfants
Fous,
Trions
Trop.
L’adverbe qui
Émaille,
Onciale enluminée,
Le dire
Des ados.
Il pleut trop
Il soleil, pareil,
L’exacerbation
Des passions premières,
Leur météo,
Sans commune mesure,
Goût de l’inquiétude,
Déjà
Marinière
Tiramisu
Cathédrale de Sienne
Très loin, sous l’eau
Sur le plancher des veaux
Marins,
Les vergers
Peignés
Par le courant,
Des arbres aux ondulations,
Du corail blanc,
Côtes de baleine
Courbées en
Une charmille d’os,
Une anémone
En clématite
Encense les fonds,
Ses balancements
À la violette,
Anguille sous roche,
Une seiche
Remplit
Son stylo à encre,
Tache de pouce
Sur un brin
De posidonie
Le jardin, un jonc de mer
Semelle de corde
L’herbe, de raphia tabac
Monotone
Les feuilles d’arbre,
Bientôt d’un crépon
Crissant,
Immortelles assoiffées,
En bouquet séchant
Pendues par les pieds
Sur un fil,
Comme s’il était
Toujours passé
Minuit,
Dans le jardin
Cabossé
Le conte de fée
Expédié au lit,
Enfant fatigué
Trop vite grandi
La rue est vide
La voie est libre.
La chaleur tourne
Dans son verre
La fusion
De spectres liquides
Et transparents,
Qui gondolent
Lévitent
À la surface
Du revêtement
Noir,
De chaque baie
De chaque fenêtre
Qui bée
Sur la rue,
Par le menu,
L’odeur,
L’intime
Du marché aux épices
Caravansérail
Au carvi
Ici,
Là, le mélange
Des racines,
La livèche
La langue,
Le stambouliote
De la cardamome
Relire,
Par le nez,
L’Orient,
Et la mélodie
De Théophile
Gautier