ce que vos yeux vairons

Poète en toupie

Si tu le lies d’un
Cordon, trompo, le lances. Sort
De son sommeil. Danse

Géranium, couleur feu

Idyllique dirndl
Chromo. Chronos, les fleurs aux
Fenêtres, rouge sang

Poème-tique, chaleur

Inlassablement,
Nous, bêtes harassées, au
Fer fleur-de-lysées

Ma vie de glaçon
S’ébrouant dans le lagon
Vert d’un verre de menthe
Et s’il fond, que mon
Rêve mue, condensation
Sur le gobelet,
Mouche transparente,
Perle posée fraîche sur un
Brin de paille, jeux d’eau

Présence d’esprit

Mouvement au poing.
Cœur qui ouvre, ferme ses doigts
Sa jupe-cloche blanche
Que soulève la respiration
Lente d’un courant
Marin,
Soie,
La méduse.
Et la poésie,
Est-elle
Issue
Du même coupon
Muscle strié
Qui pense
Pour toi,
Et bat
À ton insu

Poème-tique, le corps, la tête

Petit Spatz, tout en
Bec. Gouttière, rambarde, flocon
D’avoine, prestement

On laisse une trace.
Pour le petit oiseau,
Maigre comme un clou.
On le choisit léger,
L’espoir de se l’attacher
Bracelet de plumes
Tièdes,
À la maille large
Au creux du poignet,
Maigre,
’’On dirait qu’il reviendra’’
Disent les enfants, contant
Tant que le flocon d’avoine
Se détachera de la semelle
De la tranche de pain.
Ecrit-on autrement,
On entretient la faim,
Gardien du feu,
Le chemin creux,
Fondrières à mesure,
L’hiver,
D’orties en vagues basses
L’été,
Sur les côtés de la promenade,
La lecture,
À pied humide,
A peine acidulé,
Goutte de groseille,
C’était une framboise.
Quand le jardinier
Le cède,
La cuirasse se fendille,
La politesse,
Aux mains poudrées,
Bouchon brûlé,
À l’artificier

Deux temps, trois mouvements

Sur le tronc
Lié au poteau d’exécution.

La foudre xylophage
Pyrograve Z
Sa marque,
Fleur de lys.

Le sapin s’affaisse

En cascade

Machine à café.
Sablier. En haut, château
D’eau, en bas, cave à
Caoua

Deux temps, trois mouvements

Oignons roses, blancs
Sur la tresse, des doigts d’enfant
Et des mains qui sèchent

Carie

Au cœur de l’arbre
Cœur de la conversation
De la moelle aux épines
La forêt aux ravages.
Debout, l’apparence
Dressée.
Les sapins en rang
Armée de terre cuite
Que ne retient
Que la cuirasse de l’écorce
Cousue sèche sur l’aubier
Disparu,
La Forêt Noire
Brune
Par pans,
Pelade du scolyte
Qui déroule ses lés
Kakémono tendu,
De plus en plus,
Entre les cimes
Vertes

Sous la glace

Heure désertique air
Brûlant, la menthe, linge
Séché, feue poivrée