ce que vos yeux vairons

« Time after time »

Les aiguilles tombent, deux
Notes de piano Bontempi
Sont acidulées
Le temps, ornements
Caduques, n’a pas lieu d’être
Soldat dégradé,
L’heure, dont la fleur fane
En accéléré.
Aujourd’hui, tu es
Morte, et enterrée, pour la
Combientième fois,
Déjà

À fleur

La tombe-leurre, noire
De pleurs, et l’autre. Plongée
En l’invisible
De ton coeur, demeure
Des années d’Agnès sèches
Son emplacement,
Sous les sables des steppes. Celle
De Gengis Khan

Agnès, février 1990

Alimbic

Tout infusé trop
Amères clarinettes de
Mozart, l’eau noircit

Foehn

Peau à peau avec
La faïence des draps où
Tu reposes, froids
Le vent tournoyant
Parmi les éléments du
Mobile qui pend,
Sans un geste

Jpeg

Vers Bar-le-Duc

Le temps paresseux
Fait une embardée. Agnès,
Sur le bas-côté
La nuit feutre sur
Son manteau de berger bleu
Un bleuet plus clair,
Le vent souffle sur
Le brandon, chasse la fleur
Pâle. Coquelicot,
Pulsation d’un coeur

Remise en question

Ce que je vaux, flaque
D’eau. On y puise pourtant
Sirop pour masquer
Le goût, étiquette
À son nom sur le flacon
Cela porte un nom

La référence à
La comtesse de Ségur, née
Rostopchine n’est pas
Ici inutile
Observons Sophie,
Qui de ses petites dents
De cinq ans grignote
Des confiseries
On pardonne,
À une enfant.

Sagesse

Master class

Putto qui montre
Son derrière sur un tableau
Art, Albrecht Dürer

Taille d’un pré carré

Le mien n’est pas loin
D’égaler la surface du
Plus petit point sur
Les I de toutes les
Polices de caractère de
Toute la création
Je m’y promène, front
Rouge de colère, d’orgueil et
De la litanie
De ces qualités, je ris,
Que tu voudras bien
Me prêter, vita
Brevis y compris. Mais, grande
Pécheresse, je ne
Jette pas mon chalut, ni
Mon dévolu dans
Le jardin de mes
Prochaines et prochains

Examen de conscience

Se mettre à nu, être
À bonne école. Ma foi, on
Peut toujours rêver
Mais bon. Supposons.
Plancher, les yeux bandés sur
Le mot probité
Taratata, pas
De regard en biais sur ce
Qu’écrit le voisin.
Parce qu’il n’y en
A pas. Tu es seule. Durée
De l’épreuve
La vie devant soi.
Je prends. Je rends à
L’instant à Émile Ajar
Ce qui appartient
À Emile Ajar

Librement inspiré d’une saynète des frères Lumière

Il suffit de dire
Galette, pour qu’aussitôt au
Bout du siphon
Une bouche malhonnête
Aspire la fève. Quelle malchance,
La galette est dure
Sous la dent, du caoutchouc
Á roue de secours.
Abracadabra,
Le siphon s’est rempli de
Crème fouettée
Grande magie blanche
Entartée