ce que vos yeux vairons

Quatorze carreaux. 8

Elle cascade sans
Un bruit, immobilité
De la rizière
Miroitant le long
De la colline, tesselles
D’un vert d’eau, soleil,
Touffes de chapeaux
Pointus mouvants, qui ponctuent
Rident le tableau

Ornement de C-3PO

Déambule dans le
Plus simple appareil. Vous parle
Dans sa langue exquise

Quatorze carreaux. 7

Sur le palier, à
Mi-chemin du ciel et de
La terre, le hublot
Qui va du noir au
Pastel, dans le carrelet,
Orage, un ormeau
Sur le palier par
Un petit morceau de ciel,
Entre deux meneaux,
Robinson fait de
La réclame, étend son drap
Blanc son slogan sèche

Quatorze carreaux. 6

De part et d’autre
De la porte-fenêtre.
Il est dehors je
Suis dedans, frontière
Transparente comme le verre
Chat, sa prison à
Ciel ouvert. Libre
Comme l’air

Oncle Ho est un hobo

Quatorze carreaux. 5

La fenêtre fait
Pare-feu. Dehors, le soleil,
Le charme au bûcher

Quatorze carreaux. 4

La mérule avance
Casser le verre noir de la
Lucarne. Mauvais rêve

Steamer sur le lac
Nasser. Nuage de buée,
La vitre se sable.
La cafetière fume

Quatorze carreaux. 3

Store, vénitien. Chat
Errant. Pigeons sédentaires.
Mais tu te crois où ?
De ce côté-ci
Du miroir sans tain

Quatorze carreaux. 2

Épi faîtier sur
Le toit de la maison d’à
Côté, le corbeau.
Sur la fenêtre,
Kaki, la trace fraîche
Sinue. Son oubli

L’oiseau me nargue
Je le darde
Pistolétade en vue

Quatorze carreaux. 1

Judas, hagioscope,
Oeil de Cyclope. Le premier,
Armature de fer
De la brique de verre,
Vagues de macadam, la rue
Gondole, et bouge, comme
Ces images pieuses
Où Dieu selon les angles,
Ouvre et ferme les yeux.

Inclination et
Inclinaison, faux jumeaux,
Sont dans un bateau…

La gargouille, ventre à terre

Courir, oh ! grimper
L’orgueil me montre une place
Vide, proche le pinacle
« Si tu montais plus
Haut, on te perdrait de vue
Une goutte de plus,
Parmi les gouttes de pluie »
Modus vivendi