ce que vos yeux vairons

Là, pour faire joli ?
Las, pour faire joli
Tu es à côté
De la plaque,
L’instantané,
À l’instant T,
Un corps mat,
Entre tes doigts,
Toute lumière bue.
La poésie n’a pas impressionné la pellicule, elle n’est pas là, las, pour faire joli
Electrocyanogramme plat

Tête de mort,
Sphinx sans le geste
L’air passe au travers d’elle,
La levée du corps,
Qui papillonne

Au fond de la veine

Es-tu autre chose qu’une excavatrice,
Poète ?
Une taupe,
Qui met au jour
Ses éboulis,
La roue d’une
Haveuse,
Qui attaque
Le front de taille,
Mord au plus noir
De tes souterrains,
Et étend,
À la vue de tous,
L’empreinte de tes suées,
En filigrane,
Comme le sang
De ces mariées,
Exhibés,
En leur premier matin

Ce chemin de servitude
Étroit, foisonnant
D’une ronce,
Que tu arraches,
Sans trêve,
Elle, tout en sève,
Poésie.
Toi, animal
Attaché
À ta noria.
Comment sortir
Hors les murs de ton être, sans
Tenir cette sente
Aussi ténue
Qu’une fente,
Libre,
Nue,
Le tissu
D’un champ opératoire,
Avant la macule
De l’intervention

De l’oeuf~mollet, éclosion, queue de poisson

Fruit de mer

Pied de grue

Faune déchaux

Pied en proue, drakkar





Poème,
Avec un brin de persil
Entre les dents
Quand il sourit,
Dans ce seul point vert,
Toute l’épaisseur
D’une humanité

Art décoratif,
Le rubis
Des phrases empilées
Tête-bêche,
Aiguilles creuses,
À la vie évaporée,
Longs segments
De piments
Soulevés
Par le vent,
Pendus aux fenêtres
Joli-poème-Espelette,
Fleischkäse,
L’alignement
Des os
D’un squelette,
Mais l’animal.
A-t-il vécu ?
A-t-il laissé
Une seule plume
Dans un vers