Singleton
Un homme est-il moins
Dépareillé
Sur Terre,
Que cette petite boîte argentée,
Philae,
Ophélie
Dans une anfractuosité
De Tchouri
Amarrés au noyer du vaisselier, le vaisseau, la contemplation
L’oeil unique d’Hubble, lancé dans l’espace,
Sa langue de caméléon poussée à son extrême,
La pêche, au bout du harpon,
Ce qui te revient en pleine face,
Sans douleur,
Une image diffuse,
Aux confins de l’élastique,
Jeu de jokari de la mémoire,
S’dunkel Zimmer, la chambre noire.
Maison de Mémé
À l’étage, une boîte, bocal hermétiquement clos, la pièce aveugle, pièce de puzzle au recto non imprimé, camera obscura
À droite, en haut de l’escalier
Suivre le fléchage au sol, le sinueux tapis de sisal
La sans-fenêtre
Lancer le bras le plus long, l’autre est aux abois, trouver la poire de l’interrupteur.
Et dans cet ordre seulement, entrer
Là, comme une coulée de lave venue du grenier, des objets bousculés,
Figée .
De l’autre coté du couloir, les chambres à coucher, civilisées
Au fond de la pièce, une porte qui donne sur l’obscurité, S’Dachjuré,
Intraduisible plus-que-grenier,
La zone interdite,
(Ce bord de mer,
Où jaillissant de l’imagination de Pierre Boulle, la couronne de la statue de la Liberté émerge des flots)
No-trespassing,
Plus d’électricité
Ce boyau-Lascaux sans lampe de poche
Le voyage, cire perdue
Pierre de Rosette
Avec leur couvercle en chapeau chinois,
Très haut, dernier étage du vaisselier,
Quasiment sous les brumes,
Les cimes du plafond,
Les deux pots, de part et d’autre,
Colonnes du temple,
Piliers de la sagesse,
Rouleaux à prière, immobiles,
Collés par le baume d’antiquaire,
Leurs inscriptions enguirlandées
À des années-lumière
De ma paire d’yeux,
De juvénile
De sept ans,
Vinca Minor,
Ext Ruscus Ac,
Je suis Tintin,
Dans la jungle du salon des parents.
Dans son Riviera,
Il est toujours là,
L’obstacle-cachette-à-découper-à-la-machette,
Le luxuriant caoutchouc,
Maman, à la main verte,
Le latin n’est plus une langue morte à déchiffrer,
Végétation sage dans le salon,
Ses proportions, à ma hauteur,
Champollion a ouvert son Gaffiot
Dans le répertoire de Frédéric Mops
Le destin de quelques lettres,
Morigène,
Une chiourme enchaînée,
Ce grain de sable sans visage,
Enfoui parmi la multitude,
L’oubliette sans retour d’une dune,
Qui prononcera,
Ce mot,
Aujourd’hui,
Madame de Réan,
In petto,
Oui-da,
Mais à haute voix ?
L’affiche mystérieuse
L’expression, les contorsions
Du mime Thermogène,
Qui, le nuage,
Qu’il porte sur le haut
De son coeur ?
Rediffusion du
Feuilleton, en vedette, Jean
Pourri, marronnier