Météo marine, ou comment être complètement à l’ouest
Pour le soleil,
Extraire un plateau
D’étain
D’une nature morte,
Tu es au Jutland.
Au bout de la rue,
Le bruit avantageux
D’un V8,
C’est rare ici,
La mer,
Aussi,
Comptine
Pour le soleil,
Extraire un plateau
D’étain
D’une nature morte,
Tu es au Jutland.
Au bout de la rue,
Le bruit avantageux
D’un V8,
C’est rare ici,
La mer,
Aussi,
Comptine
Ici, les excès de l’eau
Midas
Sur les plants de tomate
Au cul noir,
L’ombre d’un pot pourri
Leurs peaux,
Qui crevassent.
Là-bas,
La terre se craquèle
Sèche,
Raku triste
Au feu.
Comment jouer encore
Les entremetteurs,
Entre les éléments ?
Les brasiers lèchent
Les larmes,
Les torrents furieux
Traversent les naseaux
Des animaux,
Les emportent,
Tirent sur les anneaux.
Et les écumes,
Grises, blondes,
Noires,
Écheveaux d’algues,
Les cheveux,
Brassés
Par les rouleaux.
Chi-fou-mi !
Que l’eau éteigne les feux !
Rosée sur les visages
De grès flammé,
Prière,
Avec intention.
Sous les pas de l’enfant,
Qui joue au pharaon,
À l’ombre de son pyramidion,
Des millions d’années
De sable.
La mère de son jouet,
Enfouie,
Sous quel naufrage.
En haut,
Il n’y a plus d’eau,
Plus d’homme,
Nil, nihil,
Le sable,
Tombeau du tombeau
D’un roi
Infertile,
Quintessence,
De la poussière,
Milieu transparent.
Du sang en coule vers la
Sortie, Bic Cristal
Calligraphie dans
L’espace. Le crochet de Mémé
Volète, un coussin
Rond coule d’entre ses
Doigts, en succession
De noeuds.
La poésie, peut-être que,
Ça ne lui parlait
Pas.
La forme ?
De son jardin
Le plus invisible
Possible
Cet instrument, dont
On ne sort jamais aucun
Son autre que soi
Point de compression.
Plus rien ne gicle. Puis ça,
À nouveau d’entre
Les doigts,
Qui s’étend,
Se rompt,
Et coule,
Malgré soi,
L’épanchement
Bruit de friteuse, l’huile
Bouillonne. La pluie sur les bâches
De plastique, dessous,
Uniformément
Vertes,
Les tomates.
Demain,
Qui sait,
Calcinées