Planète guère
Bruit de friteuse, l’huile
Bouillonne. La pluie sur les bâches
De plastique, dessous,
Uniformément
Vertes,
Les tomates.
Demain,
Qui sait,
Calcinées
Bruit de friteuse, l’huile
Bouillonne. La pluie sur les bâches
De plastique, dessous,
Uniformément
Vertes,
Les tomates.
Demain,
Qui sait,
Calcinées
La vieille diseuse de
Bonne aventure, qui ne lit
Plus qu’à reculons,
Dans les lignes
De la main.
Elle a perdu,
La mémoire
Du futur
Les fleurs sont fraîches,
Les temps sont anciens,
Les couleurs, éclatantes,
Sous le noir et blanc
Où trouver ailleurs,
Les oeillets posés
Dans la vapeur verte
Des branches
D’asparagus,
Les lances
Des glaïeuls,
Debout
Dans de hauts vases
Transparents,
Dont ne se laissent
Voir, que les ombres
Du verre,
Et de sa taille,
Hormis sur
Ces portraits,
Mariées,
Parmi les bouquets
Comment pourrais-tu
Te reconnaître ?
Au moment
De sortir de tes songes,
On sonne à la porte,
Le lapidaire est là,
Qui vient
Ajouter
À ton visage
Sa nouvelle facette,
Prélève
Dans la pierre,
Une lame
Après l’autre,
Jusqu’au coeur
De ta face
Tu penses aux morts, aux
Vivants, avec gravité.
Un moustique. Tu trouves
Que le frigo ronronne,
Chat électrique,
Cosmogonie
De tes soucis domestiques,
Tes pensées,
Qui pendulent,
La liste des courses,
La course des étoiles,
Être l’eau,
Et le bouchon sur l’eau,
Les deux à la fois,
Feux dans l’Oregon,
Là, des hommes se noient,
Une goutte d’eau
Va rouler le long d’un brin
D’herbe. Oui, mais quand ?
Le dernier des Mohicans,
Zone habitable
Tout confort, jusqu’à l’amour,
Lyophilisé
À l’arrière de la
Pagode, le vieil homme somnole.
Le chauffeur connaît
Le chemin