ce que vos yeux vairons

Alma

Le vieux sapin si
Vieux que son tronc est le frère
Du dos argenté
D’un grand gorille

Aux confins sombres
D’une branche, Forêt Noire,
Traversé de la lame
D’une aiguille,
Le point infime
De verre soufflé qui rougeoie,
Pulsatile,
Où nous sommes,
Infinies grappes d’hommes,
Et personne ne nous voit

La nuit, lagon et atoll

La pluie, au cœur du tournesol

Entre la route et le caniveau

Une voiture,
À toute allure,
Roule dans une flaque
En un instant
Se déploie
L’éventail
De gouttelettes
D’une aile
D’oiseau transparent
Eau de Roche,
Qui retombe
En pluie
Aussitôt,
Azur sur le bitume
Irisé,
Le soleil,
Dans une tache
D’huile,
Fleur de tiaré
Rosée
Du benzène

Dame, céruse blanche

Le soleil, mondé
Par la pluie, l’air à la chaux,
Un saule en cheveux,
Au bain de vapeur

Quatre heures

Sous la pouzzolane,
L’albâtre, un petit pain,
Pompéi
Au rayon frais,
L’étrange gâteau-frère,
J’achète, le sister ship
Un tourteau rond
Et sa ponce souple,
Quelque chose,
Que le temps aurait
Oublié de dessécher

Cas du cherche-midi

Masque dogon, à
L’abandon posé sur une
Pierre, funéraire ?
Seul le caillou sait
S’il respire

L’aulne

Haut. Un poteau de
Barnum, qui se plie en quatre,
Faire coïncider
Son reflet
Sur le velum
De la goutte
De rosée

Tableau des éléments

Drossé par la pluie,
La nuit, sur les arêtes
De la vitre,
Tournesol

Petite empreinte digitale

À l’endroit précis
Où la patène du soleil
Hier s’éclipsa,
J’ai trouvé dans la
Cendre, du siècle passé,
Une piècette de
Dix centimes,
Le sans-prix
D’un Malabar,
Épicerie d’Antoinette

Nuit

Grand incendie du
Soleil. Par le carrelet
Du vitrail, son or,
À l’agonie