ce que vos yeux vairons

Eau de senteur

La pluie, assise à
Côté du pot d’héliotrope,
Rebord de fenêtre.
Posé entre eux,
Le berceau de leur divine
Enfant,
Violette, l’odeur

Nature de l’homme lige

Monde, dénué
D’abeilles. Des nuées d’hommes, longs
Pinceaux posés sur
Les tiges de fleur
De cerisier,
Les pollinisent

Néon

La nuit au néant
Les blancs étendent leur lierre,
Les noirs sont cernés

Gabarit

Au moment
Du rangement des vêtements
Le mouvement
En contremarche d’escalier,
Étouffant.
Le pull en laine
À cru,
Sur la peau,
Absurde cilice,
Nul, pas même
Un dieu très vieux,
Qui claque des dents,
N’attendra jamais
Autant de toi.
Laisse l’hiver
À sa place,
La nuit

Parfois, tu te demandes,
Ce que pèse,
Une robe de princesse
Tu songes alors
À cet homme,
Qui est entré
Dans sa pierre
Taillée à sa mesure,
Poincheval A.

Le long de la paille

II ne ressemble à
Rien, sur fond blanc. Transparent,
Le verre. Il verdit
Soudain. En ses eaux,
Un gazon glacé,
Et ses nonpareilles, des bulles,
Dans le sirop frais
Du diabolo,
Baume de la menthe,
Sur les lèvres gercées,
La bouche est fontaine,
La mousse du cresson

Sa vie, à un fil. Soleil en diabolo

Mise en lumière, nuit

Il n’y eut pas
Au soir,
De ces ciels étoilés,
Que l’on ne trouve
Que dans les hauteurs, à l’air rare et limpide,
Nuit de Dalmatie,
Au champ de marguerites
En suspension au-dessus des têtes,
En Pentecôte,
Carreaux d’arbalète des Perséides,
Qui troublent un instant,
L’ordonnancement des fleurs.
Mais dans la douceur,
Une constellation inédite tombée
Sur terre,
L’assemblée des yeux brillants,
L’escarboucle
Des coeurs affleurant
Sous la peau
En transparence,
Le pulsar d’un point rose,
Bouton de nénuphar,
Palpitant,
Et le partage du vin,
Son or sur les lèvres,
Cerise sur les joues,
Vermeil

Raconte

Naîtront des petits,
De ces êtres
En croûte de boue,
On ne distingue pas
S’il s’agit d’enfants,
D’hommes, de femmes.
Ils sortent de leur gangue,
Sarcophage pour les vivants et les morts,
Römertopf d’argile
Emplis de terre.
Plus tard, les enfants seront dits
« Ceux de la grande crue,
Fils et filles du fleuve,
D’étreintes prises à la vase »
Plus tard encore, on oubliera
La genèse,
L’histoire succombera.
Sur ses cendres,
Quel mythe,
Quel dieu
Feront racines,
Robinsons en leur tabernacle,
L’île, est déjà presque vide

Nuit, au plus noir, juillet

Les noms

Dans le journal,
Où ils se télescopent sans heurt,
Herr Hoppe succède
À Königswinter
Rien d’autre ne coule
Des pages,
Que leur histoire brève,
Muddy Waters ?
Mais le nom est déjà pris,
Le glissando d’un deux-tons,
Feuerwehr,
Et déjà plus rien,
L’émotion pétille un instant,
Puis l’eau, still water,
Sera redevenue plate,
Il faudra
À un autre cyclone
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