ce que vos yeux vairons

Catégorie: portrait

Dehors, im Bach

Remonter

Des profondeurs,

Par l’oculus percé dans la glace

Respire,

Autour

La mer est en eau

De banquise,

Et tu te tiens

À ta fenêtre,

La seule au monde,

Avec jardinière

De geranium,

Chat paressant sur le zinc

Et moineau prudent,

L’eau est tiède,

Le monde en ébullition,

Jeeves~comme~un~poisson~dans~l’eau

Hautement~adaptable

Prend la vague,

Te parle,

Neander,

De ses révolutions,

De l’évolution

De tes pariétales

Amène

De la couleur

À  la conversation

Broie malachite~des~prés,

En remplit un tubes argenté,

Lave le byssus des pinceaux

À l’eau douce,

Éprouve

La solidité

Du store vénitien,

Tout va bien,

Lundi on va nager

 

 

 

 

Planète, gens sans terre

Zone habitable
Tout confort, jusqu’à l’amour,
Lyophilisé

Ein Nussbaum für Rosa

Incipit
Prends place sous l’arbre à noix, qui pousse ici, et sous son ombre acide, ce qui pousse aussi, rien d’autre, que l’écho qui suit

Cette personne, crainte, à la manière des enfants
Je fus aussi cette enfant sous l’âge de raison
Je dis personne.
Ni homme, ni femme, mais noire, une espèce, issue du brouillard, un voile de fumée
Son vêtement, ses rides peignées ainsi que le gravier d’un jardin, ses jambes, arcure d’un cep de vigne
Son visage, bronze d’un buckling
Elle parle à son épaule vide, à de l’invisible, derrière elle, ara absent d’un pirate
Autour d’elle, un cylindre de verre, que nul ne franchit, cercle de sorcière, le cercueil qu’elle trimballe
Ni esprit simple, ni simple d’esprit
Folle
De quoi ?
Les gens lui parlent du bout de la fourche, on joue à se faire peur, interrompre son monologue, de derrière sa barrière
Son histoire, à laquelle seules les personnes grandes entendent quelque chose
S’Resslé
Prénom d’une petite Rose
Son nom, celui du noyer
Au cimetière, sa tombe tombe en deshérence,
Mais tu es arrivé jusqu’ici
Le scion du début porte des fruits, il est arbre
Entre ses racines, l’urne
Elle, nue, et ses hardes
Ta mémoire rougit, et baisse le front
Tu as grandi,
Tu lui dois un tumulus de princesse

En lettres capitales

Feuille, en boule. Tu la
Défroisses avec précaution
Brisures du mot HOMME

Art und Weise

J’aurais aimé trouver d’elle, des lettres d’amour,
Ma grand-mère, qui devait être douce, avec les morts,
Dont elle faisait la toilette. Ses gâteaux en forme
De nattes brunes étaient bons, le poème indique
Ici, comme ses baisers, mais je ne sais pas trop,
Les gestes délicats, sûrement, l’intimité, le marbre des défunts.
La faim des vivants, à combler. Elle ne nous a pas aimés mièvrement