ce que vos yeux vairons

Catégorie: C. in blue

L’herbier d’entre les pavés

Il y a
Couvre~plaque~d’égout
Qui dresse la table,
Nappe le Pont~à~Mousson
De sa bayadère
Violet~vert,
Qu’un chat posé là housse
De sa présence
Comme le molleton
D’un pot à thé,
Un myosotis pervenche,
Un épi de blé
Les hirondelles vives aiguisent
Leurs ailes
Meule, le ciel
D’un métal léger le matin
Ne fait pas encore d’étincelles
Un noyau de cerise
Les carpes du bassin
Ont leur héraut,
Invisible crapaud
Qui joue du goître,
Mais avec parcimonie,
La nuit, ses bulles de savon
Moins impérieuses,
Le jour
Elles trouvent leur maître,
Petit garçonnet
Du coin de la rue
Qui tourne avec délectation
Et sans l’user
Son premier mot
Papapapa
Dans la bouche,
Minuscule oiseleur
Et sa douce mitraille,
Les pages,
Où se déposent
Les collectes



Repos

Au pied du cognassier sont treize pots de terre

Oeufs éclos, les fleurs, l’arbre, manchot empereur,
Couve verts cabossés les convalescents
Les feuilles en dos de phalène mitées de brun

Vache maigre, une plante grasse
Aux côtes saillantes
Boit du petit lait,
Rosée du matin,

De l’haleine de l’étang,
Un écaille de carpe
La happe l’alouette
Cithare en son bec
Berce un reste de nuit

Un premier pot
Monte son volet,

Phylactère roulé, suaire de sève claire

Son pansement humide
Drap blanchi au pré

Sous la lune répandu,

Long cil, pétale de marguerite sur une joue qui ne cille

Endormie

Les mains dans les poches

Vu du ciel

Pleurer aux éclats
Tu es banquise, t’étoiles, et
Te brises, naine blanche

Bec verseur

Un vecteur, pointe
De flèche noire, le corbeau va
Crever le nuage

Petit silence du coeur

Noir clair parfois en
Moi ce soufflet essaimant
Un buisson d’akènes

Les Perséides

Cobalt, et grains de
Riz, le bol. Ciel de nuit blanche,
Cyan, cierges magiques

Les eaux, damassées

Rouge/cyan
Le soleil qui au couchant dans la mer
Périclite, brasille

Nicolas de Staël

Carré couleur sel
La maison, carré couleur
Bleu ciel, le ciel

Sur les toits

En décantation
Impression, soleil levant
Le bleu, sous la pourpre