Metarbazar01

Mon annonciade, ses voûtes qui verdissent, le soleil passe sur des tesselles de feuilles, frisson de vitrail, et le ciel, et la lumière, de tout leur bleu, vernis transparent du chant des oiseaux, derrière le jubé, quel dieu louer, je tremble. Le désir, êtes-vous le printemps.
Le banquet est fini.
Et je fais les poubelles, je glane, les restes d’avril, brisures, cendre de jonquilles, une tige sucrée, une primevère, sucée jusqu’à la moelle, tout m’est manne, les verts-tilleul, le sirop du soleil sur les prés, la première hirondelle qui a le goût de tout ce qui est premier, une fraise, une cerise, un baiser volé.
Je suis un biffin, là, tout mon butin.
Mon temple, avril.
Le soleil fait la
Chaise longue sur ma peau,
Son heure, chilienne.
Quel sorcier, pour apprivoiser un corbeau, un oiseau, un chat noir, le poil, la plume laquée, un gommeux, et la gouaille de son cri, là-haut, sur fond bleu.
Être berger, suivre avril, ses saisons, son moutonnement, dans les champs qui osent, pays d’Oz, les verts et leur explosion, et le ciel qui fond son azur sur l’étang.
La lumière, son teint
Bleuté ce matin. Une veine
Qui bat à la tempe.