ce que vos yeux vairons

Catégorie: ciel

Boarding

Departure

Arrival

Mondrian

Abscisses,
Ordonnées,
Carroyage
Des cieux,
Les nuages
Scarifiés
Par le rasoir
D’une aile,
Minces cicatrices
Surjetant
Les voiles bleu
Abysse
Du jour
A la nuit
Cédant.

Voler

Un adverbe ou un
COD, s’arracher ou
Arracher un mot.

Contoir

Jus noir de la nuit,
Philtre de l’aube qui retient
Ses scories, le jour.

Fly away

Stormy weather

L’ardoise noire
Des nuages, lourde lauze
Sur la nuque du ciel.

Curitiba-Petrolina

Oiseau blanc, oiseau
Bleu, croix du sud, Nungesser
Pour Latécoère.

L’arrondi

Le ciel au dessus d’elle se quadrillait, les avions halaient leur bannière, chalut de condensation, pêcheurs de nuages. Hedda souhaita bon voyage à Max. Elle baissa la tête.
« Reviendrez-vous voler dans mes parages ? »

Moisson

Enivrée, la tête balancée vers le ciel, Hedda en buvait son bleu immaculé. Elle n’en avait jamais vu de pareil, sans l’once de la ronce d’un nuage. Ses yeux écarquillés, comme une bouche avide sur l’immensité. Une morte de faim qui engouffrait à pleine bouchée. Elle n’en laissa pas une miette, satiété de crevarde. Elle redoutait la migration des bleus de toutes les couleurs vers d’autres cieux. Elle redoutait l’absence. Le creux laissé par Max.

Black sabbath

Satan tendit sa tête pelée. Une oreille poinçonnée comme un ticket de métro, un oeil crevé, l’autre, jaune, posé comme une pièce de vingt centimes sur le haut de son museau.
Tout à fait le chat qu’il lui fallait. Un rescapé. Une teigne. La meilleure des sales bêtes. De celle qui vous adopte et qui vous colle à son service.
Hedda flatta la tête de l’animal. Un coup de patte lui rappela la règle. Pas d’attendrissement entre eux.