Baum-window

La touffeur, le vent, comme un foehn, chaleur de sèche-cheveux, les oiseaux se taisent, espèce après espèce, le dernier à résister, le merle, et le ronflement des voitures climatisées, de la rue monte une odeur de pierre poussiéreuse. Une grosse goutte de pluie, lustrale.
Décor.
Le ciel, le ciel bleu, de nuit, l’hiver, l’été, les nuages, cirrus, lenticulaires, le ciel, le chemin, le bitume, le gravier, et la terre, la terre sur l’eau, la digue, l’étang, les oiseaux, le printemps, l’odeur de l’air, un brûlis, un arbre sous la pluie, de la rosée saturée de rose, Damas, le sable du désert, une loggia sur la mer, entre les colonnettes, au loin, un trait blanc d’écume.
Les corps.
Laisser pousser leurs plantes.
Terreau du décor.
Le foin, qui sent la poussière, un lointain origan, décombres d’herbes fraîches, qui pique le dos en sueur, aiguillon d’un insecte, le dos cardé, mi-ombre, entre deux planches, par un noeud du bois de la porte, jaune, le soleil, jusqu’à la rouille et la patine, le soir tombe, la peau, tous les feux s’apaisent.
Ce pourrait être un damier, si tout n’était pas désordonné, les carreaux, ni noirs, ni blancs, verts et oblongs, dérivant paresseusement à la surface de l’étang, les nénuphars, l’eau se couvre de leurs ocelles, une contagion qui bientôt fleurira, les nymphéas, feuilles de céladon.
Le même motif confié, d’araignée en araignée.
Accroché, gouttelettes de rosée, entre deux herbes, au tuyau-éventaire des roseaux.
Aucun insecte, pour boire à ces perles d’eau.
Il est tôt.
Hier, verte encore, la page blanche de la prairie, et aujourd’hui, en explosion, oh! jaunes, les onomatopées des primevères.
Je marche, sous mes
Pieds, verte et jaune, de la gouache,
Oh, une primevère.