ce que vos yeux vairons

Catégorie: écriture

Arythmie, origami

Muscle strié, coeur
Plissé du papier, la fleur,
A les lèvres bleues

« Coing, chou, melon et concombre », Juan Sánchez Cotán

La trappe, au fond du
Tableau. Soulève le rideau.
La chambre noire

Le coing et le chou
Lévitent, moment de grâce, à
Jamais suspendue

Sphère armillaire

Circulaire, coeur d’une
Fleur de pierre, coquille de Sienne,
Canaux d’Amsterdam

Pivoine. Intérieur.
Soie serrée, nul n’en voit les
Plis. Origami

Rouge

Ouette, à l’oeil plus grand
Que le ventre, sur l’eau grise,
Cerise du regard

Vous lire

Orange

Bout de la tige
D’alkékenge sèche, une
Lanterne vive. Verte

Feux de Bengale

L’automne, âge d’or de
L’arbre-photophore, Lucie
Ceinte avant l’heure

Le lendemain

La forêt est vide
Tous les arbres sont partis
On m’a oubliée

Sous la tuile couleur
De feuille morte, le nid est
Vide désormais

Alkékenges

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Troménie

La concession ne durera pas
La bruine est froide, et le vent cisaillant chasse les derniers pêcheurs, mes sharing partners
La couronne de l’étang est vide
Personne, les cabanes, comme autant de gemmes qui la sertissent, ont le ponton relevé
Je suis seule, avec le mauvais temps
Silhouettes vertes, et immobiles, félins à l’affût parmi les touffes de roseaux, les pêcheurs, silencieux, se sont diluées, la pluie
L’étang répond à mon désir, balance à fléau, son plateau penche en ma faveur
Mais la concession ne durera pas
Le temps varie

Elle dort

Grenat terne du corme,
Frotte la terre, en son coeur,
L’éclat d’une fleur