L’écume
La fougère est là, dans l’empreinte qu’elle a laissée dans le calcaire.
Devenir comme la pierre, de tout, d’un tableau, d’un visage aimé, ne conserver que la matrice, la trace, le contour d’un souvenir. Voyager léger.
La fougère est là, dans l’empreinte qu’elle a laissée dans le calcaire.
Devenir comme la pierre, de tout, d’un tableau, d’un visage aimé, ne conserver que la matrice, la trace, le contour d’un souvenir. Voyager léger.
Une poêlée de mots trop cuits, parfois la poésie, je n’y comprends rien, je pense à La Fricassée, aux Cris de Paris, de Janequin, les mots, des pièces de puzzle que l’on a forcées, Sodome, et Gomorrhe, je veux lire, a+a font b, maison samsuffit.
Denim, de nuit, la vie du ciel, du plus sombre, blue ink, au bleu râpé. Parfois un trou, une rature, un jean, j’efface, radieren, écrire à la gomme.
La lumière, le ciel lavé à grande eau, blanc, et bleu Nattier, le dallage des nuages, les ombres, qui le mettent en lumière, les oppositions, le soleil qui se fragmente sur l’eau, les vaguelettes se couvrent d’écailles argentées, papier d’aluminium qui se froisse et se défroisse au gré du vent, sans un bruit.
Sens-tu ce que je vois, sur ta peau, les dents de lait du soleil de midi. Mai n’est pas cruel.
Il y a la lumière, et puis l’ombre d’une pensée, mai en dissipe l’onde. Pourquoi résister au soleil.
Une paraison, qui coule sur mon dos, les cisailles du soleil, et la peau se marbre là où l’arbre n’a pas tendu son velum. Je ne bouge pas. L’arbre non plus. L’entêtement.
Le foin, qui sent la poussière, un lointain origan, décombres d’herbes fraîches, qui pique le dos en sueur, aiguillon d’un insecte, le dos cardé, mi-ombre, entre deux planches, par un noeud du bois de la porte, jaune, le soleil, jusqu’à la rouille et la patine, le soir tombe, la peau, tous les feux s’apaisent.
Celle qui toutes les réunit, la saison-mère, umami, et son jaillissement, avril est un geyser, Old Faithful, fontaine Aréthuse, où tous se penchent, l’eau est miel et ciel, le soleil, bleues, les vagues. Un pin sylvestre pousse lentement, son odeur camphrée, une stridulation, une cigale répète. Bientôt, l’été.
Dehors, un charabia, à tort et à travers, les sons qui zigzaguent, zébrures de l’air, les oiseaux, qui frôlent les branches, une ligne électrique, qui vibre, le vent, qui brosse les jaunes, les verts, des fleurs qui sentent tout ce qui peut se sentir, linge propre, peau chauffée, le printemps me pousse au désir.
Qu’est-ce que l’étang, petite mer, qui resserre ses rives, élégant, pour que je puisse en faire le tour.