ce que vos yeux vairons

Catégorie: écriture

Janequin

Les oiseaux ont-ils un jumeau, le partage d’un chant singulier, une même langue, un vocabulaire pépié, différent.
Merle, je suis moineau, tu chantes, il n’y a rien à comprendre.
Tu chantes, la mélodie me suffit, nous sommes oiseaux, demain, je te parlerai moineau.

Enfleurage

Ce que je sens, en ouvrant la fenêtre, une odeur violette de lilas en fleurs, une odeur ancienne et vaporeuse, une odeur de sacristie, le sac de ma grand-mère, le muguet de son eau de Cologne, un Leonor Fini.

Animal, animots

Mon pelage, que je sentais chat, pousse chien, je crois.
Le rêche d’un dingo, chien jaune, je n’ai rien demandé, le bush est mon étang, un chien, ça dit mon, le possessif d’un territoire.
Un chien-bovin, parfois, qui paît.
Se repaît d’eau, de ciel et du chant des oiseaux.

Les nuits

Une main et son onglée, cette nuit, sur le front de l’arbre à roses, et la fièvre a flétri les fleurs qui se rident, sur l’herbe, une abeille, fanée.

Le dernier jour du doux mois d’avril

La nuit, et son drap épais.
Posé sur la canopée, comme sur la cage d’un oiseau.
La forêt se tait.
Et quand, bientôt, le soleil soulèvera un coin du voile, tomberont les oeillères, les baillons.
La vie.
Au premier rayon, le merle-muezzin, le moment incertain, le jour en bourgeon.
Et le ciel bleuit, un nuage gris.
Un à un se scellent, carreaux, Azulejos, le ciel.

Sous les roses, l’arbre

Jpeg

Jpeg

Jpeg

Le gué

C’était il y a longtemps, il y a longtemps, le temp a oublié, à quoi servaient les portes, leurs gonds sont rouillés, le canevas des ronces, le portail baille à tous les vents, et portera demain en couronne un buisson de roses des champs.
Il ne fait plus la guerre maintenant, aux arbres qui s’en sont allés.

Jpeg

Portrait d’une fleur

Les tourbières, qui tannent les souvenirs, comme au Nord, le cuir des morts, la peau des roses, la dragée des pétales, voyez ce qu’il en reste, un acide sépia.
Du limon du passé, de cette terre bonne qu’à brûler, ne rien attendre.
Une flamme maigre.
Fouiller les cendres, entre mes doigts, farine de Rosa.

« Music for a while »

Je l’ai vu enfin. Le jabot gris se gonfler comme une voile.
Le goutte à goutte du coucou.
Devenir Saul.

Jpeg

Jpeg

Chanson

Jpeg

Jpeg

On n’enferme pas un arbre,
A quoi bon les barbelés,
On n’enferme pas un arbre,
S’il ne veut pas rester,
Tu rouilleras, solitaire,
Si tu n’es que fil de fer,
Tu n’auras rien compris.
L’arbre, rien ne le retient,
Ni ses racines, ni ton acier,
L’arbre est du bois
Dont on fait les oiseaux, et les chats,
S’il te choisit,
Ne bouge pas,
Jubile.
Et sens ta peau.
Tu es déjà écorce.