L.E.M., module 7
Les heuchères, feuilles foie
De veau, tiges mikado,
Arc-en-ciel vieux rose.
Les heuchères, feuilles foie
De veau, tiges mikado,
Arc-en-ciel vieux rose.
Le soleil fait la
Chaise longue sur ma peau,
Son heure, chilienne.
Doucement, je deviens Indien.
Le chemin est une paume, dont je déchiffre le mandarin, plus aisément, maintenant.
Du crottin.
L’esquisse, lointaine, d’un cavalier.
Et la bouse finira par fondre, galette sèche et dure, un pain de guerre verdâtre, dont tout un petit monde fera sa manne, de l’oiseau au lombric.
Sur la digue, un laque écarlate, une écrevisse fracassée, tombée du bec d’un oiseau, peut-être.
Et puis là, les poteaux des champs, épais comme des traverses de chemin de fer, rétifiés, avec le temps, le bois, gris de lichen, est un granit écorcé, qui ne garde rien d’autre qu’une herbe haute et grasse, il n’y a plus de bêtes dans le pré.
Les barbelés rouillés, les oiseaux s’en moquent, et leur chant chasse l’écho du meuglement des vaches.
Quel sorcier, pour apprivoiser un corbeau, un oiseau, un chat noir, le poil, la plume laquée, un gommeux, et la gouaille de son cri, là-haut, sur fond bleu.
Être berger, suivre avril, ses saisons, son moutonnement, dans les champs qui osent, pays d’Oz, les verts et leur explosion, et le ciel qui fond son azur sur l’étang.
L’heure, paresseuse.
Un pêcheur somnole, à l’ombre blanche du calicot de son parasol.
L’étang lui appartient, je ne suis qu’un promeneur.
Lop Nor, Aral, et si demain je te retrouvais mare, étang agonisant, si après le raidillon, il ne restait plus qu’un trou noir, sans le miroir de l’eau, et le bruissement des roseaux.
Je resterai à ton chevet.
Aiguë dans la chair,
L’écharde du souvenir,
Le passé, perçant.
L’étang me tend la
Main, je la prends et j’ôte
Mon gant. Plus de froid.