ce que vos yeux vairons

Catégorie: Maman

21 mai 2026

Tyrien
Rose
Les lauzes
Que feuillette
L’ardoisier,
Planche à l’ammonite,
À la rémige
De fougère
Happées
Par la pierre
En impression
Au tampon,
Boteh d’une indienne
Immobile
Soustraite au temps,
À la lumière
Qui défraîchit
Les trames,
Marron,
Les vernis,
Le vent,
Parmi les pivoines
En fustanelle
Lève une abeille
Aux jarrets bouffant
De pollen,
Un papillon,
Keroubim
Aux ailes
Les unes contre les autres
Drossées,
Faces ternes
Tendues
Au monde,
L’interne couvant
L’azur
Le vermillon odorant

Matin,

Jardin de Maman

Double voie

Hommes qui encensent
Le dessous de leur robe
Blanche à Sana’a
Du premier étage
Je me penche sur le lilas
Sous la pluie, les herbes,
Gouttelettes d’un
Pétrichor, intérieur d’un
Sac poudré, bonbon
À la violette,
Maman, Mémé

Per fumare

« Siehst du, Laura », dit
Maman, mémoire olfactive
Tiré d’un film à
L’eau de rose, wer weiß

Irma

Prénom de Maman
La mode, à l’époque
Allemande
On change de langue
Comme de chemise

« Baby love »

Ce jour-là, ma mère
Ne devait pas être à prendre
Avec des pincettes

« Vous êtes arrivés à destination »

Penchée au- dessus
D’un fossé vert, Maman me
Tient le front. On sort
De l’air. Baptisée
Bien plus tard, la Vomito
Car. La GS

Cataracte

Regard husky, l’oeil
Immensément dilaté,
Une planète bleue

Les yeux de ma mère

Une baie, prunelle
Immense le ciel, l’iris
D’or est le soleil

Juste ce qu’il faut

Parents, ni poètes,
Ni oiseaux, arbres-boutants,
Substance des mots

On est Quitte

Le lent processus, de la gelée si sombre, qu’elle semble sang de groseilles, revenir en arrière, les doigts de ma mère, sur les fruits en cabosse, ses doigts qui s’ampoulent, à force, les fruits, aussi durs que des raves, et la bassine, qui bouillonne, dans la cuisine, une vapeur rose, sur ses joues, rosée de l’effort.