ce que vos yeux vairons

Dans la rue

La brume, bergère de
Sa marenne. À chaque réverbère,
Le fruit de la lune

Tour de passe-passe

Par l’étamine
De la brume, la lumière, à
Des années-lumière
De ce qu’elle fut, l’été

Brasero

Les vieux, qui couvrent
Leurs racines de lettres mortes
Quelques unes tiennent chaud,
Le fer oublié d’un mot,
Ici, et là,
Entre les creux
La mémoire

Trois petits tours et puis s’en vont

Une couverture de brins,
De poils en fils
Portés par le vent,
Son feutre roule
Autour de la tour
Assise,
Une homme.
Toutes voiles carguées,
Un berger,
Son troupeau,
Hors-champ
Retourne-toi
Il est là,
Dans ton dos.

De l’eau, et sa part
Vinaigrée,
Un tourbillon,
Entretenu sans trêve,
À la manière d’un feu,
Naissance d’un oeuf
Laiteux,
Ainsi que l’oeil
Voilé d’un aveugle,
Mollet,

Saint-Pierre,
Entortillées colonnes
Du Bernin,
Qui montent,
Comme un pâton
De terre
Sur un tour de potier,
Juste avant
L’effondrement,

L’éternité

Thalassa.
Le générique élastique,
Coquille-Arturo-Brachetti-au-ralenti
Mouvante, comme une algue,
Se composent, et se recomposent,
Inlassablement sous les vagues,
Tous les éléments,
La mer dispersée,
Crabe,
Poisson écaillé,
Le sable, laitance
En suspension

Chez le coiffeur

Devant le miroir.
Celui-ci me dit
« L’eau froide referme les écailles du cheveu »

Et toi, poème, ma petite loutre,
Enfant ébouriffé,
Dans le vif du contre-courant,
Ou galet lisse,
Gommeux gominé,
Ta tignasse, au cirage brun,
Brin de goémon,
Ce qui change,
Au fond,
Autour du visage,
Rideaux,
Avec, ou sans
Embrasses

Fruit givré, la nuit

Ajouré

« L’orient, le jour »

Compter les secondes
Par paquets de dix,
Prendre quatre douches,
Plisser les jours,
Comme un éventail
Que l’on replie.
Faire coïncider
Le mardi
Avec le samedi,
Le bagage, largement à temps
Et le bruit en grain de riz monotone qui tombe de la montre de la cuisine.

La grosse masse grise de la mer, et le ciel en pot de tabac de chez moi.
Le même étain.
Sur le sol, plus un grain de sable,
Le riz a le champ libre
La maison, grenier à céréales, aux murs bombés
Derrière les vitres, en nuages à la nacre noire
L’heure d’hiver

Nota bene, non grata, etc…

Aller dire aux très
Petites coquilles que
L’océan est vaste

(Elles ne t’emmèneront jamais voir un film au cinéma)

Inversion de la poussée

Aux antipodes, où
Les Toussaints sont printaniers.
Adresse au soleil :
« Position du poirier »