ce que vos yeux vairons

Muguet. Fait ce qu’il lui plait

Pour le centre
De la forêt,
Pars tôt.
Le centre,
Juste un mot.
À la moitié
D’avril,
Au plus tôt
Franchir
Le mikado
Des troncs,
Tu tournes
En rond,
Une main,
Aux matins,
A déplacé
Les arbres,
Le soleil
Change
De direction,
Les choses
Marchent sur
La tête.
À chaque instant,
Tu te rapproches
Un peu plus
Du premier
De mai.
C’est tout.
Le deux,
Après l’heure,
La foison,
Le champ de fleurs.

Sur la balance à fléau,
Le parfum blanc
D’une clochette,
De l’autre côté,
Crispé,
Comme un poing,
Ton coeur

Les lanternes

Conque de pierre
Du parc Salvator.
Il en sourd
L’écho du choeur,
À bouches fermées,
Jour des morts

Lumen de lumine

Égoutier
Des souterrains,
Ce jour non ouvré,
Où les eaux te font la grâce
D’être claires,
Le chlore d’un bassin,
Et palment les coryphées,
Le ballet de l’invisible,
Les jambes englouties
Qui sous-tendent l’édifice,
Et le sourire des sirènes,
Narines pincées,
Esther Williams,
Distrait ton jour,
Ta penthière morne
Aux eaux grasses,
Où la beauté
S’est usée,
Meule de l’obscurité,
Sur la corde rêche
De ses Sargasses

Papier, serviette

Dans la boule, un nid,
Qui lent, son ressort déplie.
Recouvre ses esprits,
Mouette !

Trois fois rien

Sur la dalle lisse
Et striée de gris, granite
De la table de
Formica.

L’animation
Trois coquilles sans contenu

Du castelet
Trois patelles patinées alignées,
Une chaîne de volcans.
Celle-ci,
Chapeau chinois, aux pentes parfaites,
Au sommet blanc.
Un éclairage indirect, la télé
Vient l’écaler,
Ses champs de neige
Rasés, ainsi que la pointe
D’un oeuf à la coque.
Les coulures, en napperon
De dentelle,
Le long de la caldera,
Cuisson parfaite,
De l’oeuf en patelle.
Pour la perspective,
Vous pouvez trottiner
À genoux près de l’évier
En vous faisant petit point sombre,
Entrer, sur la pointe des pieds,
« Ne respirez plus ! »
Estampe,
Soleil levant,
Sur le mont Fuji,
Hiroshige

Les deux autres patelles, semblables à ces objets de bois-prêts-à-peindre, que l’on trouve dans les rayons de décoration des magasins.

Le Kamtchatka.
Il faudra écumer la plage, trouver un, deux ours, de la dulse, pour les forêts de pin, de l’eau du Pacifique sauvage, et de la fumerolle.
On verra demain

Le sable, sous-jacent

À la pointe de
La fumée, et du brouillard.
L’estuaire, où s’échangent
Les salives, la mer,
Le ciel,
Pruine
Au cou
Des estivants,
L’eau,
Sur les écharpes
De laine
Le sel,
Les haleines
Alourdies

Les lustres, le bal

Cendal cramoisi
Par les crevés de la manche.
Sort de sa coquille,
Le coquillage

Les confidences

Fendre la nuit
Des grands fonds
Derrière
Le rideau
La fleur au lamparo,
Brandon,
Le coquillage

Comptine pour un enquiquinant caméléon

Tu lui tends une pierre,
Le voilà galet. Morceau
De verre, disparaît

Jeu de construction

La perle, née d’une blessure
Le grain de sable dans les rouages
Opère sa mue,
Grossit,
Pierre,
Aux arêtes polies,
« Patience dans l’azur »