Les paupières carguées fort
Sur les yeux,
Tu bâtis ta chambre noire,
Ampoule rouge,
À l’image de celle cierge perpétuelle
Qui brûle pour les tabernacles,
Laisse se fixer le songe
Avec lenteur,
La fleur de nénuphar
Des boues de la nuit
Entre les rayons de l’iris,
Qui monte,
Ballon d’hélium et ombilic
De bolduc,
Ebru marbré dansant dans l’eau
Qui se feuillette,
Verre de Murano
Nappe en son damas
Qui se trouble
Au matin,
Main de la devineresse
Qui calme la surface
Du bol aux oracles,
Efface les prémonitions
En leurs extrêmes
Qui dégondent le cœur
Et le fracassent,
À l’aube cette sueur
Qui perle au coin de l’œil
Emporte sa débâcle
La larme est claire,
Pressée de sa roche,
La suie du rêve
Diluée
Le castelet
Du théâtre d’ombres
Fond,
Les décombres
Du rêve,
Kitège
À ses sirènes
Retournée
Pris dans les peignes
Du saule le vent
Se civilise
De tresses de princesse
Celte au sommeil lourd,
Le poids des torques
Des manteaux tissés
Bandeau de fourrure
Sur les épis de blé
Dans le tumulus
À l’obscurité calme,
Il retient son souffle
Qui cogne
Et se brise,
Torrent des échos
Dans l’antichambre
Aux veilleurs effondrés,
Animal, pot
D’onguent
Parmi les os,
Paillette de poussière
L’air en sentinelle,
La vie un instant
En suspension
Et tourne les talons
L’étroit tunnel
Vers le soleil
Rugit,
Grotte de Fingal
En conque,
Le vent délie
Ses cheveux,
Sa promesse murmurée
À l’endormie
La nuit
Demeure sur le seuil,
Frère portier
Du poème mort
Tanner la peau
Nerfs durs du dos de la reliure.
Chaleur avant la brûlure
Et lumière,
Corps de la flamme
Autour de la mèche,
Comme spathe cireuse
D’un arum
Son drapé, voile gonflée
Sur son aiguille
D’or