La mer, la lune

Démantelé jusqu’à sa dernière pièce
Le puzzle,
L’image n’a plus de sens
Le carton à l’emporte~pièce en tas,
Tesselles dentelées ostracas
Perles éparses du collier à réenfiler
Un nœud infime, une nacre,
Pour la solidité,
Ainsi la phrase broyée en sa boule
De papier,
Sa fibre confondue dans le linceul
Blanc,
Salar épair qui dissout toute matière
Mais renaissance,
Quand la main qui lisse le chaos des plis
À nouveau y laisse entrer la lumière
Kintsugi,
À la vie,
Ro/se de Jé-r/i)cho
Années arides,
La vigne est muette,
Les grappes pendent sur des cintres,
Fermées, les armoires
Sont humide caveau,
Hermétiques,
Une verte vie, qui cavernicole y croît
Est la seule,
Dehors est sec,
Hinein, Schimmel,
Ouvertes, de simples ouïes
Fendant le bois des portes,
Et de l’air,
En natron,
Sa circulation sur le raisin
Qui se concentre,
Le front fripe,
Corps de sucre du fruit,
Qui nourrit,
Le carat d’un grain suffit,
L’influx
Frère portier,
Son meuble,
De nuage
Poussé par le vent,
Le seuil, l’océan,
Ne le frôle
Le passage des oiseaux,
Dans sa paume,
Rien,
Pièce fraîche de guano
Le soleil la cuit,
Et poudre d’argent
À ses pieds
Sur la fleur des champs
Manne,
Sa reconnaissance à l’épouvantail,
S’épanouit
Elle emporte le vase.
En pure perte
Flétri, il se corrompt,
Révèle l’eau en son épure, transparence
Sans l’ombre d’un contour,
La trahison d’un reflet,
Mais ne se répand,
Rien ne la distingue de l’air
On ne la voit plus,
On la sent, comme une pluie
À venir,
Inexprimable nuage,
Amande détachée
Du fruit
Oscille, métronome lancé à la vitesse
D’un cheval au galop,
Sagesse
Non roidie,
Fer mou encore, brasillant dans le baquet de la forge,
Crabe vulnérable à la tendre chitine,
Le pire toujours certain te fait redevenir
Petit enfant, les joues vernies de larmes,
Au moment de la perte