Plus lourd que l’air
Le vent brille par son absence
L’arbre, froissé
Au pied du cognassier sont treize pots de terre
Oeufs éclos, les fleurs, l’arbre, manchot empereur,
Couve verts cabossés les convalescents
Les feuilles en dos de phalène mitées de brun
Vache maigre, une plante grasse
Aux côtes saillantes
Boit du petit lait,
Rosée du matin,
De l’haleine de l’étang,
Un écaille de carpe
La happe l’alouette
Cithare en son bec
Berce un reste de nuit
Un premier pot
Monte son volet,
Phylactère roulé, suaire de sève claire
Son pansement humide
Drap blanchi au pré
Sous la lune répandu,
Long cil, pétale de marguerite sur une joue qui ne cille
Endormie
Haut. Un poteau de
Barnum, qui se plie en quatre,
Faire coïncider
Son reflet
Sur le velum
De la goutte
De rosée
Incipit
Prends place sous l’arbre à noix, qui pousse ici, et sous son ombre acide, ce qui pousse aussi, rien d’autre, que l’écho qui suit
Cette personne, crainte, à la manière des enfants
Je fus aussi cette enfant sous l’âge de raison
Je dis personne.
Ni homme, ni femme, mais noire, une espèce, issue du brouillard, un voile de fumée
Son vêtement, ses rides peignées ainsi que le gravier d’un jardin, ses jambes, arcure d’un cep de vigne
Son visage, bronze d’un buckling
Elle parle à son épaule vide, à de l’invisible, derrière elle, ara absent d’un pirate
Autour d’elle, un cylindre de verre, que nul ne franchit, cercle de sorcière, le cercueil qu’elle trimballe
Ni esprit simple, ni simple d’esprit
Folle
De quoi ?
Les gens lui parlent du bout de la fourche, on joue à se faire peur, interrompre son monologue, de derrière sa barrière
Son histoire, à laquelle seules les personnes grandes entendent quelque chose
S’Resslé
Prénom d’une petite Rose
Son nom, celui du noyer
Au cimetière, sa tombe tombe en deshérence,
Mais tu es arrivé jusqu’ici
Le scion du début porte des fruits, il est arbre
Entre ses racines, l’urne
Elle, nue, et ses hardes
Ta mémoire rougit, et baisse le front
Tu as grandi,
Tu lui dois un tumulus de princesse
Dans l’herbe, une jonchée
Blanc-rosé, le vent lui a
Coupé les ongles,
Des coquilles vides
D’oeuf, des fleurs abandonnées
Ne donneront rien,
Des dragées jetées,
Creuses, infortune cookies, sans
L’ombre d’une amande
Sa silhouette aux
Ciseaux, sur le fond or d’un
Rideau, le grand pin
Peaux de tambour des
Souches martelées, l’orage est
Boléro de R.
De petites choses se
Brisent Première feuille brunie sous
Le pas d’un oiseau
Nuit. Au marché noir,
En douce sous le manteau,
Toutes les terres rares,
Un arbre à came