ce que vos yeux vairons

Catégorie: dehors

Plus lourd que l’air

Lyre immobile
Le vent brille par son absence
L’arbre, froissé

Chat, messe basse

Son oeil,
Atoll et lagon
Le dit,
Que ta main
Flabellum
Palme
Dans ma pelisse,
Carde le feutre
L’armure de feu
La cotte de yak
Tape sur ta machine zip
Sur mon échine la fermeture éclair
Couds~la,
Que je me promène
Sphinx aride
Lapin équarri léger
Parmi la fournaise,
Mais ours roussi,
Chèvre mohair
À l’indéfrisable,
Gommeux gominé,

Je fais la plante verte, rejoins l’oasis lazaret, l’électuaire de l’ombre, port en eaux profondes, et fraîches, cognassier mon ami

Repos

Au pied du cognassier sont treize pots de terre

Oeufs éclos, les fleurs, l’arbre, manchot empereur,
Couve verts cabossés les convalescents
Les feuilles en dos de phalène mitées de brun

Vache maigre, une plante grasse
Aux côtes saillantes
Boit du petit lait,
Rosée du matin,

De l’haleine de l’étang,
Un écaille de carpe
La happe l’alouette
Cithare en son bec
Berce un reste de nuit

Un premier pot
Monte son volet,

Phylactère roulé, suaire de sève claire

Son pansement humide
Drap blanchi au pré

Sous la lune répandu,

Long cil, pétale de marguerite sur une joue qui ne cille

Endormie

Air doux

Lazaret
Sous les ailes de l’arbre à coings
L’estive

Plantes d’intérieur
Sous oxygène pur
Atmen

Dehors, im Bach

Remonter

Des profondeurs,

Par l’oculus percé dans la glace

Respire,

Autour

La mer est en eau

De banquise,

Et tu te tiens

À ta fenêtre,

La seule au monde,

Avec jardinière

De geranium,

Chat paressant sur le zinc

Et moineau prudent,

L’eau est tiède,

Le monde en ébullition,

Jeeves~comme~un~poisson~dans~l’eau

Hautement~adaptable

Prend la vague,

Te parle,

Neander,

De ses révolutions,

De l’évolution

De tes pariétales

Amène

De la couleur

À  la conversation

Broie malachite~des~prés,

En remplit un tubes argenté,

Lave le byssus des pinceaux

À l’eau douce,

Éprouve

La solidité

Du store vénitien,

Tout va bien,

Lundi on va nager

 

 

 

 

Dehors, pique~nique

Au jardin

Trilles, un bébé râle 

Pépins de pastèque 

 

Il avale 

Une tourterelle, 

Ronronne

 

 

Dehors

À une brûlure du dernier degré que dire ?

Avec la gerçure je puis composer,

Monde avec visages, et noms,

Les portes d’à côté

L’arpenter

Gros titres

Par la fenêtre, deux visions de jardins

L’un est la fraîcheur même, sous le soleil le plus ardent,

Le gros buisson aux feuilles intensément vertes promène ses fleurs violettes en eaux libres

Plus haut, en biais, le même soleil brûle un paillis de cailloux blancs, un gazon d’os, de lait de chaux caillé, d’où percent  ainsi que d’une collerette elisabéthaine, des plantes à clous, un concile d’épines, taillé en boule, des veuves décolorées, même la terre ne fait plus aucun effort pour elles

Le long de la paille

II ne ressemble à
Rien, sur fond blanc. Transparent,
Le verre. Il verdit
Soudain. En ses eaux,
Un gazon glacé,
Et ses nonpareilles, des bulles,
Dans le sirop frais
Du diabolo,
Baume de la menthe,
Sur les lèvres gercées,
La bouche est fontaine,
La mousse du cresson

Mise en lumière, nuit

Il n’y eut pas
Au soir,
De ces ciels étoilés,
Que l’on ne trouve
Que dans les hauteurs, à l’air rare et limpide,
Nuit de Dalmatie,
Au champ de marguerites
En suspension au-dessus des têtes,
En Pentecôte,
Carreaux d’arbalète des Perséides,
Qui troublent un instant,
L’ordonnancement des fleurs.
Mais dans la douceur,
Une constellation inédite tombée
Sur terre,
L’assemblée des yeux brillants,
L’escarboucle
Des coeurs affleurant
Sous la peau
En transparence,
Le pulsar d’un point rose,
Bouton de nénuphar,
Palpitant,
Et le partage du vin,
Son or sur les lèvres,
Cerise sur les joues,
Vermeil